L'ÉVANCGILE DE MARC ÉCRIT A ROME
païen. Ce qui est surtout frappant, c'est le caractère vivant, énergique de sa narration, et la chaleur de son coloris. Ce mode de récit était admirablement approprié au génie pratique des Romains, bien moins préoccupés de l’idée et de l'explication des faits que des faits euxmêmes. Nul récit n’est plus dramatique que celui de Marc. Les longs discours recueillis par les deux autres synoptiques sont supprimés. La narration est concise et fait tableau. On reconnaît à des signes irrécusables, dans cet évangile, l'écho d’un témoignage immédiat. Il désigne par son nom de Bartimée l’aveugle guéri aux portes de Jéricho; il raconte que Jésus, pendant la tempête de Tibériade, était à la poupe du ba-
__ teau couché sur un oreiller. Il mentionne aussi le :
regard d'amour avec lequel Jésus a accueilli le jeune riche, le soupir de tristesse qu'il a poussé en constatant l'incrédulité des Juifs ". La scène de la Pas-
sion, spécialement le récit du reniement de Pierre,
a un cachet dramatique plein de relief'et de précision. #8 Le ton général de la narration s'oppose absolument à ce qu’on ne voie dans Marc qu'un abréviateur de Matthieu et de Luc. Ces procédés de seribe sont parfaitement étrangers au siècle apostolique. I est facile de constater que le fond est le même dans les deux narrations. Matthieu reproduit Marc presque intégralement, sauf les discours. Les cita-
1 Marc X, 46; IV,58; X, 21; VII 12.