‹ Jésus-ChristChapitre 106 sur 376 · IH XIE · texte numérisé non relu

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milieu judéo-chrétien dans la prédication de Matthieu, et surtout le tour spécial de la prédication de Pierre à Rome, impriment au récit de Marc un caractère spécial. I] nous présente, en effet, en première ligne, non plus le Messie qui accomplit l’ancienne alliance, mais le Fils de Dieu qui déploie une puissance surnaturelle

PE ver le monde. Si l’évangile de Matthiew est l'évangile de :

-mplissement, celui de Marc est l’évang'ile de la force div:

I] ne suffisait pas que la me a en Jésus-Christ.

‘vanoélique gagnât le monde païen par le simple mouveme..

Mis= sions primitives; il fallait encore que les barrières nationales, abaissées sous l'effort d’une irrésistible force

d'expansion, fussent formell:ment abattues, et que l’on

reconnût que, devant Jésus, « il n'y a plus ni Grec ni

Juif. » La société religieuse n'était pas uniquement appelée à s’accroître et à s’agrandir; la doctrine devait s'élargir ou plutôt se dégager de tous les préjugés judaïques. On sait quelles luttes furent nécessaires pour mettre en lumière cette grande vérité que le christia nisme n'est pas la religion d’un peuple, mais celle de l'humanité. Les efforts, les souffrances et les féconds labeurs de saint Paul assurèrent seuls sa victoire. Nous avons vu que nos deux premiers évangiles, bien loin de refléter les passions d’un judéo-christianisme étroit, posent, avec autant de simplicité que de largeur, l’universalisme évangélique en opposition au particularisme juif. Mais il était utile que cet universalisme apparût avec plus de netteté encore dans un recueil des traditions

primitives : ce qui eut lieu dans le troisième évangile, appelé, à bon droit, l’évangile paulinien. Il est aussi modéré dans son universalisme que Matthieu dans son judéo-christianisme. Luc maintient la perpétuité de la loi !; la partie prophétique a conservé une couleur hébraïque?; le droit d’aînesse des Juifs dans lo

royaume de Dieu est explicitement reconr- de parabole de l'enfant prodigue 3, D ee RL et caractéristiques mette" “* pleine lumière l’univer- ‘falisme ‘du 2e Evangile. On y remarque aussi avec -cudrissement ce beau trait d'humanité misé-

ricordieuse, de tendre pitié, qui se retrouve si fréquemment dans les paraboles comme dans les discours

de Jésus-Christ rapportés par notre évangéliste f. ‘ IT. — LE QUATRIÈME ÉVANGILE ÿ.

Le quatrième Évangile nous transporte dans un milieu très différent de celui des synoptiques. Nous sommes

tele XX, 17:

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* Paraboles de la brebis perdue, du fils prodigue (XV), du bon Samaritain (XX, 33), récit de la résurrection du fils de la veuve de y ne "Naïn (VI,/12).

| 5 Nul livre du Nouveau Testament n’a donné lieu à de plus ardentes

polémiques. L'exposé de ces luttes est un des chapitres les plus im-

° portants de l’histoire de la théologie moderne. La première attaque ‘vint de Bretschneider (Probabilia de evang. et epist. Joh. 1320). Il ré-

- tracta ses doutes. Strauss, dans sa première Vie de Jésus, ranima la controverse, Il provoqua les écrits de Neander et de Lucke. Le dernier a

ocnsacré au quatrième Évangile un des plus beaux monuments théolo-

giques de ce temps. L'école de Tubingue reportait le quatrième Évangile au milieu du second siècle; elle y voyait la conciliation des deux tendances judéo-chrétienne et paulinienne dans une synthèse métaphysique (Schwegler, Nach. apost. Zeit , 11, 346, 347; Zeller, Theo-

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