‹ Jésus-ChristChapitre 12 sur 376 · LA PHILOSOPHIE GRECQUE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE GRECQUE

autre culte. La notion de la Divinité s'épura; les dieux ir olympiens représentèrent non plus simplement des passions, mais des vertus. La conscience éleva sa voix, elle proclama « ces lois non écrites, dans lesquelles vit un Dieu qui ne vieillit pas. » Avec Eschyle elle dénonça le mystérieux anathème, juste salaire du crime, qui plane jusque sur les races royales les plus fortunées; elle montra sous la brillante parure de la terre ce sang versé par le meurtre qui n’y gèle jamais. Elle osa même prédire par la voix de ses poëtes une grande rénovation religieuse, la victoire du jeune dieu del’avenir dont la flèche doit transpercer Jupiter et délivrer le vieux captf du Caucase, fidèle image de l'humanité frémis- ‘sante sous l'esclavage d’un culte dépassé. Avec So- phocle la conscience évoqua un idéal moral plein de ‘pureté et de délicatesse, grand et touchant comme le dévouement, j'ai presque dit la charité ‘. Cette noble poésie eut des accents vraiment prophétiques pour peindre le passage de la vie à la mort, qui fait succéder à nos demi-clartés les lumières sereines de l’éternité ?. |

Mais le vrai prophète de la Grèce ce fut Socrate ; il apparaît comme un réformateur des idées et des | mœurs au centre le plus brillant et le plus actif de la civilisation, dans une époque corrompne par le scepti- ‘cisme des sophistes. Ramenant l’homme à lui-même, non pas pour l’enivrer d'orgueil, mais au contraire

.1 Voir Antigone.

? Dénoùment d'Œdipe à Colone.

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