‹ Jésus-ChristChapitre 128 sur 376 · LA CONCEPTION MIRACULEUSE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LA CONCEPTION MIRACULEUSE DE JÉSUS

après l’annonciation, et laissons-lui ce voile de pudeur céleste dont elle s’enveloppe quand elle apprend sa haute destinée et dont elle ne s’est jamais dépouillée. Nous nous gardons bien d’en conclure que le récit n'est qu'un mythe. Pourquoi donc traiter de chimérique ce qui dépasse la prose vulgaire 1? Celui qui doit être le chef d’une humanité nouvelle, vrai-

1 Sur l'Évangile de l’enfance, tout entier renvoyé au mythe par Keim, après l’avoir embaumé de poésie (Jesu von Nazara, tome I, p. 347-353), rien ne nous paraît mieux équilibré que le chapitre que lui consacre Bernard Weiss. En voici le résumé très exact. Sans s’arrêter aux négations de ceux qui rejettent à priori le surnaturel,

Weiss passe en revue les principales objections à la crédibilité de l'Évangile de l'enfance. La plus grande est tirée du silence de tous

les autres documents évangéliques, y compris Paul (Gal. IV, 4; Rom. I, 4) et Pierre (Actes III, 13-20). Lue parle des parents de Jésus (IT, 27, 41, 43); ni le premier ni le troisième Évangile ne protestent contre le peuple quand celui-ci appelle Jésus fils de Joseph. L'incrédulité des frères de Jésus (Jean VIE, 9) semble peu compatible avec l'Évangile de l’enfance, Résumons la réponse de Weiss à ces ohjections : le Il y avait des raisons de famille de ne pas divulguer ce qui eût prêté aux plus graves malentendus. Le fait ne fut ébruité

qu'après la mort de Marie. 2 Le fait que les Évangiles qui contiennent |

la conception miraculeuse n’hésitent pas à rapporter les propos populaires qui la nient enlève toute importance au silence des autres Évangiles. 8° Une création mythique eût autrement illustré l’histoire évangélique, car l’idée ascétique défavorable au mariage était étrangère aux Juifs, Les mythes païens relatant des enfantements divins étaient toùs entachés d’infamie. Nulle relation n’est établie entre la conception miraculeuse de l’homme Jésus et la divinité métaphysique du Verbe rédempteur, car sa divinité est toujours rattachée dans l'Évangile à son élévation après la résurrection. Constatons que le fait relaté dans le premier et le troisième Évangile n’a pas été contesté dans le cercle où ces Évangiles ont été lus (entre 70 et 80). Serait-ce supposable dans le cas d’un mythe pur, surtout quand on se souvient que la famille de Jésus a vécu jusqu’au temps de Domitien? Weiss conclut en définitive à l’authenticité du récit, bien

qu’il reconnaisse loyalement que sa documentation laisse à désirer.

MM. Keim et Sabatier reconnaissent dans la naissance du Christ une manifestation spéciale de l’action créatrice. Pourquoi ne pas admettre que la conception miraculeuse a été le mode de cette action?

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