LE PREMIER RECENSEMENT EN JUDKE
fallait jouer sa dernière partie politique en assurant le pouvoir à ses enfants, qu’il se serait refusé à un désir ou à un caprice de son tout-puissant protecteur. Or, Auguste à cette époque même, avait commencé à faire dresser le cadastre de son empire; il voulait obtenir un état exact des ressources de chaque province; d'après des témoisnag'es positifs il faisait rentrer dans ce relevé général les royaumes alliés qui en réalité dépendaient de son autorité; seulement, selon l’antique et sage politique romaine, il permettait qu'on se pliât aux usages locaux. Rien donc n'empêche d'admettre un premier dénombrement en Judée pour lequel on se serait conformé aux pratiques juives qui tenaient compte du lieu d’origine bien plus que de la résidence. Ce n’ est pas Hérode qui eût refusé une si minime satisfaction | Auguste et qui eût invoqué l’indépendance de la J udée; on sait le cas qu'il en faisait quand il s'ag issait de ses propres desseins. Ce premier dénombrement précéda le. dénombrement plus général qui eut lieu quelques an= nées plus tard sous le gouverneur Quirinius, après que la Judée eut été réduite en province romaine‘. C’est
1 Nous citons le texte si controversé de Luc, d’après le Codex Sinaiticus, QÜTN ATOYPAPN ÉVÉVETO TOUTN MYELOVEUOVTOS TAG Zvplas Koonviov. Il est impossible de ne pas remarquer la place qu’occupe le mot rxpWTn dans le plus ancien des manuscrits. Il n’est plus, comme dans les textes antérieurs, éloigné du génitif yo VEÜOVTOG, il le précède immédiatement; il est donc très probable que, malgré la dureté exceptionnelle de la tournure, il régit les mots qui le suivent; si bien que nous pouvons, à la rigueur, traduire : « Ce dénombrement eut lieu avant que Quirinius fût gouverneur de Syrie.» Sans énumérer les quelques exemples de tournures semblables que l’on peut relever dans la littérature grecque (voir Tholuck,
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