II. — L'ENFANCE DE JÉSUS
Aucune des prescriptions commandées par la loi ne fut négligée pour l'enfant. Certes une histoire inventée n’eût pas supposé des rites qui semblaient contredire sa pureté originelle et qui n'étaient que les signes desa complète incorporation à son peuple et à l'humanité. Huit jours après sa naissance, il fut circoncis et reçut solennellement ce non de Jésus qui ne trouvait qu’en lui seul sa pleine signification. Au quarantième jour, : après la purification légale de la mère, Joseph et Marie le portèrent au temple, pour présenter l'offrande qui rachetait du sacerdoce tout enfant mâle israélite’. Les riches immolaient un agneau; les pauvres donnaient deux tourterelles. Ce fut le sacrifice de la famille du charpentier Joseph. Mais ce grand contraste d’humilité
et de gloire qui résume toute la vie du Christ apparut de nouveau à cette heure. A peine l'enfant a-t-il fran-
chi le portique du temple qu’il est salué par une voix prophétique. Le vieillard Siméon déclare qu’il peut mourir du jour où il l’a reçu dans ses bras, car sur son : couchant a brillé la lumière qui doit éclairer lesnations ?. L'inspiration l'élève plus haut encore, il annonce de quel prix sanglant ce salut du monde sera payé. Ce faible nouveau-né va diviser l'humanité et révéler les pensées secrètes des cœurs. Il est voué à de grandes
1 Lévit. XII, 4-6. 2 Luc II, 31, 3.