L'ADORATION DES MAGES
entre les puissances bienfaisantes et les puissances malfaisantes. Elle admettait dans notre destinée l’intérvention d'êtres supérieurs pour opérer notre délivrance; elle croyait à des héros divins, serviteurs ou représentants d'Ormuz. Le parsisme s'était de plus en plus éloioné du dualisme fataliste dont il se contentait jadis; il s'était épuré au contact du judaïsme depuis l'exil de Babylone. La dispersion des Juifs dans tout l'Orient avait accru leur influence. Rien n'empêche d'admettre que des hommes comme les mages, appartenant à l'élite de leur nation, aient eu connaissance de quelques-
uns des oracles de l’Ancien Testament. Leurs aspi-
rations avaient été confirmées, par ce qu'ils avaient appris du Messie attendu en Judée. Dans cet ébranlement de cœur et d'esprit un phénomène sidéral, tel que celui qui eut effectivement lieu deux ans avant la naissance de Jésus-Christ, devait exalter leur espérance. Sans doute, ils partageaient encore les idées superstitieuses du vieil Orient sur l'influence des astres, et ils cherchaient à lire l’avenir dans la voûte étoilée. Mais ils cherchaient sincèrement le vrai Dieu et ils devaient le trouver.
Le phénomène sidéral qui à provoqué le départ des
mages n'était point un miracle, sinon il eût suscité un étonnement universel dont les historiens du temps auraient consigné le souvenir. Les savants persans l’ont constaté par leurs observations. Rien n'empêche donc d'admettre que ce phénomène consistait dans la conjonction qui, d'après Keppler, a eu lieu vers cette épo-