‹ Jésus-ChristChapitre 142 sur 376 · RC0 MASSACRE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

RC0 MASSACRE DES ENFANTS

duits en Judée, avant tout, par leurs saintes aspirations. Que sera-ce de ce petit enfant qui attire de si loin ces pèlerins d’une terre étrangère et païenne? Les temps sont donc venus où les barrières nationales vont s’abaisser ; il y a ici plus que le fils de Dawid; un règne plus grand que celui de Salomon va com-

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Les mages, ayant appris par une vision qu'Hérode

n'attendait que leurs indications pour mettre à mort l'enfant divin, reprennent en secret le chemin de leur patrie. Le roi, dans sa fureur, ordonne le massacre des enfants de deux ans et au-dessous dans le territoire. de Bethléem. On a trouvé un tel crime improbable, en. se. fondant sur le silence de Josèphe, comme si le meurtre d'une douzaine d'enfants dans une petite ville ne pouvait pas se perdre au milieu de tant de forfaits abomina-bles, surtout dans les dernières années de la vie d'Hérode. Certes, celui qui avait immolé à ses soupçons une épouse chérie, un frère et trois fils, et qui avait ordonné d'avance un massacre général pour le jour de ses funérailles afin que son cercueil ne fût pas porté en terre au

milieu de la joie universelle, un tel monstre ne devait pas reculer devant une mesure aussi insignifiante à ses

1 Strauss (p. 373) ne manque pas de donner à l'étoile des mages une origine mythique en la rapportant à l'étoile par laquelle Balaam représente le Messie futur (Nombres XXIV, 17). Mais il y a une grande difficulté à cette interprétation, c’est qu’il n’est point question dans cet oracle d’un signe précurseur du Messie, mais bien du Messie lui-même; ce qui fait disparaître toute analogie entré le texte invoqué et le fait rapporté par Matthieu.

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yeux, quand il s'agissait de prévenir quelque explosion dangereuse du fanatisme religieux. Que lui importait la plainte des mères? On l’étouffe facilement sur la terre; il est vrai que rien n’est plus redoutable auprès de Dieu. « On a entendu, dit l’évangéliste citant un texte de Jérémie, Rachel pleurant ses enfants, et elle n’a pas voulu être consolée'. » Cette personnification pathétique de la malheureuse cité se comprend d'autant mieux qu'on voyait à ses portes le tombeau de l'épouse de Jacob; le nom de Rachel était ainsi étroitement lié à celui de Bethléem*.

1 Matth. I, 18.

2 Nous trouvons dans la littérature talmudique une confirmation significative du caractère historique de l’évangile de l'enfance; en effet, nous voyons les rabbins emprunter aux premiers chapitres des évangiles de Matthieu et de Luc leurs traits les plus caractéristiques pour les appliquer au Messie futur; ce qu'ils n’eussent pas fait si la tradition évangélique n’eût conquis un grand ascendant. A cet égard, le passage suivant du Sohar est significatif : « Revelabitur Messias in terra Galilæa et stella quædam in plaga orientali existens, absorbebit septem stellas, quando revelabitur Messias. » Nous lisons ailleurs : «Orietur e plaga orientali stella quædam. » (Gfrœrer, II, 358.) La preuve que cette allusion à l'étoile qui doit précéder le Messie remonte à une date bien plus ancienne que le livre du Sohar, c’est que le fameux agitateur Barchochab, qui souleva, sous Trajan, le peuple juif, s’appela le fils de l'étoile. La littérature rabbinique à également conservé à sa manière le souvenir du massacre des enfants de Beth- Iéem. Elle fait prendre à Pharaon un arrêté tout à fait analogue à celui d'Hérode à l'égard des enfants israélites de l’âge de Moïse. Or,

Moïse était de plus en plus considéré comme le type du Messie. Nous

nous bornerons à citer le passage suivant : « Dixerunt magi ad Pharaonem : Nactus est puer qui educet Israelitas ex Ægypto. Tunc cogitavit Pharao in corde suo et dixit ut abjicerent omnes natos masculos in fluvium. » (Cfrœrer, Il, 354.) Evidemment il y a ici une. altération voulue du récit de Matthieu, car la prévision du rôle de: Moïse pour opérer la délivrance d'Israël est un trait étranger à l’Exode, et emprunté à l'Evangile. I1 est certain que dès la fin du premier

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