L'ENFANCE DE JÉSUS A NAZARETH
l'enfance du Christ n'a point fait exception à la loi du
progrès lent et gradué. « L'enfant, dit Luc, croissait à et se fortifiait, étant rempli de sagesse et la grâce de es
Dieu était sur lui'. » Ainsi, Jésus a passé par
l'obscure période où l'âme et la pensée sont encore
dans l'engourdissement, il a appris à parler sur les
genoux de sa mère, et les divins trésors enfouis en lui ne se sont point révélés immédiatement. Seulement le mal ne l'a jamais effleuré; rien n'est venu troubler la pureté exquise de son âme. Il n’a pas cessé un instant d’être uni à son Père, son cœur s’ouvrait spontanément à la vie divine comme sa poitrine respirait l'air vital. Puis, en grandissant, quand $on intelligence commença à se rendre compte des choses, il eut de plus en plus conscience de la relation unique qui l’unissait à Dieu. Au dehors, rien ne semble l'avoir distingué des autres enfants, du moins pour ceux qui ne soulevaient pas, comme Marie, le voile d'humilité qui recouvrait sa vie intérieure. S'il en eût été autrement, on ne pourrait s expliquer l’incrédulité persistante de ses proches.
Il ne se posait point en prophète et ne revendiquait
jamais une indépendance précoce. Enfant, il a parfaitement accompli les devoirs de son âge, qui se résument dans la soumission aux autorités de la famille. C’est ainsi, dit Irénée, qu’il à sanctifié cet âge en le traver-
sant.
Tout porte à croire qu’il a grandi dans l'atelier
in.
1 Luc I, 80,