JEAN-BAPTISTE DANS LE DÉSERT DE JUDÉE
De là pour lui un besoin ardent de purification, derenouvellement moral; il ne savait pas se résioner à cette religion vaine et dégénérée et à toutes ces s0lennités vides; il ne lui était pas possible d'accepter patiemment cette vulgaire routine d’une misérable existence.
Ce tourment de sa grande âme l’a conduit au désert. Rien n’est plus faux que d'en faire un ascète oriental ou un adepte des esséniens‘. T1 est entièrement étran- . ger à cette théosophie indienne qui met le principe du mal dans le corps et non dans l’âme, et qui cherche le salut dans l’ascétisme. Jean-Baptiste est l’homme du repentir : c'est dire qu’à ses yeux le péché est essentiel lement une déviation morale et non une fatalité de la nature physique. Il n’a haï le mal avec tant d'énergie que parce qu'il y a vu un acte libre; bien loin de prétendre offrir à l’homme le secret de se sauver lui-même par l’anéantissement, il n’a cessé d’appeler et d’annoncer le vrai libérateur. D'ailleurs, il n’a point fondé une communauté du désert, une espèce d'ordre monacal, comme les esséniens où comme ce Banès dont l'historien Josèphe fut quelque temps le disciple et qui voulait que ses sectateurs fussent vêtus comme lui de feuilles d'arbres, se nourrissent d'herbes et ne bussent que de l’eau”. Jean-Baptiste a demandé à la solitude un asile pour ses prières, un lieu de retraite pour se préparer sous le regard de Dieu à son redoutable man-
1 C’est l'opinion soutenue par M. Renan, Vie de Jésus, p. 75-71. ? Josèphe, Vita, IL. e