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EFFETS DE SA PRÉDICATION

-gnes, les reins ceints d’une ceinture de corde, le Bap-

tiste foule aux pieds tous les vains préjugés, toutes les mauvaises passions, tous les vices de sa nation. Il a vraiment en main cette cognée dont il dit qu'elle va être mise à la racine de tout arbre mauvais, car c’est

au principe même du mal que s'attaque sa rude parole.

Da prédication était parfaitement appropriée à l'état moral de son temps. À ces formalistes qui s’imaginent sacquitter envers le ciel par des cérémonies, il annonce les jugements de Dieu qui haït leurs solennités trompeuses. « Qui vous a apprès, dit-il, à fuir la colère *

à venir !? » L’orgueil national est poussé jusqu’à l’idolâtrie. Les Juifs sont enivrés à la pensée de compter dans leur généalogie des patriarches et des pro-

phètes, et ils s’écrient avec Jésus Sirach : « Ce glorieux

héritage restera à notre descendance; nos fils subsis-

teront à toujours et leur gloire ne sera pas enlevée.

Abraham est devenu le père d’une grande multitude; nulle gloire n’égale la sienne et il a conservé l’alliance divine à sa race?. » C’est à ces fiers et indignes héri-

tiers de ce grand passé que le Précurseur ose adresser

le telles paroles: «Ne dites point en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père, car je vous dis que Dieu peut

faire naître de ces pierresmême desenfants à Abraham.» .

Jean a une parole incisive pour chaque classe de ses. auditeurs. Aux péagers il prèche la fidélité scrupu-

1 Matth. III, 7.

2 Jésus Sirach, XLIV.

8 Matth. II, 9. :

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leuse dans leur mandat, aux soldats il recommande

d'éviter la tromperie et la violence et de se contenter de :

leur paye. Si les puissants de la terre se mêlent un instant au rude auditoire qni l'entoure d'ordinaire, s’il voit quelques pharisiens et quelques sadducéens s’approcher de lui pour l’épier, il n’a qu’un. mot pour eux : Race de vipères! C’est ainsi qu'il achète leur complaisance ou leur tolérance. A tous, il répète avec énergie : «Amendez-vous, les temps sont accomplis'.» Mais il connaît trop le cœur humain pour se fier même au rite ‘qu’il à institué; ce n’eët pas assez de s'être plongé dans le fleuve et d’avoir donné les signes d’une douleur véritable. La repentance peut être une vaine cérémonie comme le sacrifice. Elle ne vaut que ce qu’elle coûte. « Faites donc des œuvres convenables à la re-

pentance, s’écrie-t-il. Que celui qui a deux tuniques en.

donne une à celui qui en manque et que celui qui à de quoi se nourrir fasse de même. » Iln'y a rien dans ces mots, quoi qu’on en dise, qui rappelle une démagogie exaltée?. On peut prêcher la charité et La justice sans être un communiste.

Ces scènes se passaient dans la contrée qui s'étend entre les aridités de la mer Morte et l’oasis de Jéricho, sur ces rives abaissées entre lesquelles le Jourdain roule

son eau limoneuse. Jean paraît avoir résidé de préférence dans une petite localité de la rive orientale nommée Béthanie, du même nom que la bourgade voisine

‘ Luc I, 1-13; 14, 17.

? Renan, Vie de Jésus, p. 104.

tel

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de Jérusalem’. Mais il se transportait fréquemment d’un bord à l’autre, car, d’après Luc, son ministère s’exerçait dans tout le pays du Jourdain. En quelques heures on se rendait de la ville sainte au fleuve. Jéricho était une ville florissante, située dans une vallée riante et très peuplée, voisine de la Galilée. L'année où le Baptiste quitta le désert était une année sabbatique, un temps de repos universel où l’on faisait trêve aux occupations habituelles. De là ce concours extraordinaire d'hommes de tout rang autour du Précurseur. mé

-Un grand nombre de ses auditeurs saisis par ses discours et aussi par l’austère grandeur qui respirait en lui, se faisaient baptiser et confessaient leurs péchés. Depuis les jours d’Esdras on n’avait rien vu de pareil; l'entraînement était général. Beaucoup sans doute ne subissaient qu'une impression passagère, mais d'autres, parmi lesquels on remarquait surtout de jeunes Galiléens, s’attachaient à la personne de Jean-Baptiste et se décla.raient ses disciples. Ils l’assistaient dans son ministère et baptisaient comme lui les foules. Le Précurseur les in=. struisait et les formait à la vie religieuse, il paraît même leur avoir enseigné une formule de prière?. Les rives du fleuve retentissaient des gémissements des pénitents. . On eût dit qu'un nouvel Israël allait sortir de ces flots

1 Jean I, 28.—Origène a substitué Bethabara à Béthanie (Comment. in Johan., VI, 24). Mais tous les manuscrits, et entre autres le Sinaiticus, portent Béthanie. Il n’y a aucune dificulté à admettre en Judée deux petites localités du même nom.

FLuc XL'E.

4 Let

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