FONDATION DU ROYAUME DE DIEU. HAL
sence d’une telle infortune, il ne suffit pas de manifester la vie divine; il faut renverser l'obstacle qui s'oppose à sa formation et à son développement, il faut réparer et relever une grande misère. Tout le côté rédempteur de l’œuvre du Christ ne saurait être laissé dans l'ombre.
Si, en dehors de toute idée préconçue, nous demandons à Jésus lui-même quel est son plan, il ne faut pas l'isoler du milieu dans lequel il a dû le réaliser. Il a erandi et s’est développé au sein du judaïsme; il a pris la religion de l'Ancien Testament comme la base et le point de départ de son œuvre, et il n’a pas hésité à reconnaître de la manière la plus explicite la légitimité des institutions mosaïques. « Le salut vient des Juifs', » a-t-il dit dès le commencement de son ministère. Il n'y a donc rien de révolutionnaire dans son œuvre; il l’a rattachée étroitement à ce qui l’a précédé. Mais il sait aussi qu'il inaugure la période définitive de la révélation. Il ne se pose pas seulement comme le réformateur qui purifie un culte dégénéré, il prétend amener à sa maturité une religion qui plongeant par ses racines dans le passé ne pouvait trouver qu'en lui son plein développement, Il n’est pas venu pour abolir, mais pour accomplir?. Il n'abolit pas l’ancienne alliance puisqu'il est le premier
1 Jean IV, 22.
2 Mn vouirnre re DAV az Goo Tv vépLov h Tods ports, oÙx NABov xaTta}Üoat, AAA TAno@oat. (Matth. V, 17.) J'adopte entièrement la belle explication de ce texte par Neander (Vie de Jésus, I, p. 132, 177.) Voir aussi Schleiermacher, Leben Jesu, p. 313, et.
toute l’admirable lecon qu’il a consacrée à ce sujet (p. 310-817).