LA PARABOLE
pressée dans ses détails. La nature est pleine de symboles touchants et grandioses. On y retrouve un rayonnement du monde supérieur et idéal; le langage humain est tout coloré de ces reflets, car, à y regarder de près, il n’est qu'une perpétuelle métaphore ; chaque fait spirituel se peint dans une image empruntée au monde inférieur. Qui pouvait mieux que J égus discer= ner ces harmonies profondes entre les deux mondes? Il était placé au foyer lumineux d’où partent tous les rayons. Au sein de la nature, comme dans la révélation biblique, il est dans la maison de son Père. Il n’est pas l’un des serviteurs établis sur une portion de ses biens, il est le Fils auquel tout appartient. Il y a de la royauté dans la manière dont il comprend l’Ecriture et la nature; c’est plus que la science ou la poésie, c’est une divine et profonde intuition.
Jésus se plaît aussi à aiguiser en quelque sorte sa
-pensée en lui donnant le tour d’un aphorisme, ou bien
il en fait une maxime saisissante et originale. Il est tel
» mot de lui qui pénètre dans l'esprit comme la pointe
acérée d’une flèche. Le paradoxe est fréquent dans ses discours. Comment en serait-il autrement? Tout ce
qu'il dit, tout ce qu’il fait, n’est-il pas une protestation
contre l'existence ordinaire des hommes? Ne vient-il pas en déplacer le centre et en changer l’axe? Celui qui montre « ce que c’est que la charité en mettant sa vie pour ses frères, » ne peut parler sans heurter toutes les idées reçues et tous les préjugés dans un monde où
règnent l'orgueil et l’égoïsme. Quoi de plus absurde
pour l'opinion courante que de perdre sa vie pour la sauver? Et cependant cette parole est tout le christia- 4 nisme et tout Jésus-Christ, | | Déjà dans les discours recueillis par les synoptiques on rencontre une grande variété de tons et de formes dans la parole du Maître, On peut leur appliquer ce mot de Clément d'Alexandrie : « Le Sauveur, pour sau-