‹ Jésus-ChristChapitre 200 sur 376 · EX NOT · texte numérisé non relu

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ver l’homme, emploie tous les accents et varie à l’infini son langage. Tantôt il menace et il avertit, tantôt il s'indigne, tantôt sa pitié se répand sur tous avec ses larmes’. » Quelle différence entre le sermon sur la montagne et les anathèmes lancés aux pharisiens! En chan- « œeant de milieu, en passant de la Galilée à Jérusalem, Jésus a dû modifier la forme de sa parole. Aux débuts de son ministère, c'est un appel miséricordieux adressé aux brebis dispersées d'Israël; à la fin, devant une M

hiérarchie hypocrite et superbe, elle retentit comme un tonnerre de Sinaï. C'est toujours l'amour parfait, # tantôt sous la forme de la pitié, tantôt sous celle” 4 de l’indignation sainte qui ne saurait prendre son À

parti du mal. Nous avons déjà insisté sur les circon-

stances qui expliquent le ton polémique et métaphy=. sique des discours de Jésus dans le quatrième évangile. . On y retrouve le même art de rattacher l'exposition aux incidents du moment et d’en modifier la forme. Le miracle de la multiplication des pains sert de thème. à son profond discours de la synagogue de Capernaüm;

1 Oprivoy Êkest. (Clém., Protrept., I, 8.)

iltire un parti analogue des diverses cérémonies de la n. fête des Tabernacles. L’allégorie du bon berger rappelle les paraboles les plus touchäntes. Si dans la chambre haute de Jérusalem, à la veille de sa mort, sa parole … devient une sainte effusion mystique, qui s’en étonnera dans un tel moment, pour un tel adieu ?

On se tromperait beaucoup si l’on comparait la dia- . lectique de Jésus à celle de la philosophie ordinaire. Rien qui ressemble moins à cet enchaînement rig'oureux et méthodique des pensées qui les lie les unes aux … autres par des articulations innombrables. Jésus supprime constamment les chaînons intermédiaires, parce qu'il atteimt d'emblée dans le cœur humain la profon- + deur où se rejoignent les racines de l'être moral, et qu'il … est placé à la hauteur où toutes les vérités se réunissent comme des lignes divergentes sur le point extrême d d’une sommité. Cela n’ôte rien à la clarté de sa parole, qui revient sans cesse au tour direct et populaire. * Soit donc que nous considérions son enseignement : dans son objet, dans sa forme ou dans sa méthode, il se M" présente à à nous avec le caractère d'une incomparable

À pertetion. On ne peut citer que deux hommes qui ai aient nt su, dans une certaine mesure, parler cette langue "Sr vivante qui s'adresse à tous. Les maîtres les plus popu- 4 laires après Jésus ont été certainement Socrate, du Er moins celui de Xénophon, et Luther; le premier s'est | débarrassé de toute fausse solennité et il a osé em- 2 | prunter le texte de ses leçons aux incidents de la vie ordinaire; le second aurait pu dire à bon droit que la

Be, ON 1 COST A CONGOUBIANS |

| | x Pet ot fibre populaire répondait à la sienne, car il rendait sa. pensée palpable et il avait l’art de ces mots concis et lumineux qui volent de bouche en bouche. Mais, sans insister sur l'insuffisance de la meilleure des philosophies antiques et sans rappeler toutes les imperfections A du grand réformateur, .qui oserait un instant COMPA= rer la parole, si souvent indécise et froide de Socrate, … et le torrent impétueux de Luther à à henri nt. É Fo tel que nous l'avons dépeint? 11 4 A

Jésus ne s'est pas borné à enseigner la vérité aux

hommes, il a encore fait des miracles. Il n’est pas pos-

; ban

sible, commeon l'a essayé souvent,.de séparer ces deux

portions de son œuvre qui concourent également à la réalisation de son plan. D'abord ses miracles font par-

tie de son lenseignement, car il les a constamment invoqués comme preuve de sa divine mission. Ensuite, ses paroles sont étroitement rattachées aux actes extraordinaires qu’il à accomplis; sans cesse ceux-ci donnent lieu à ses discours et leur servent de thème.

Les enseignements et les miracles sont entrelacés en

quelque sorte dans la trame du récit évangélique; à moins de le mutiler de la façon la plus arbitraire, il fut ou les accepter ou les rejeter ensemble. C’est donc une tentative chimérique que de vouloir distinguer

À entre le maître de la sagesse et celui qu’on appelle le

thaumaturge. Si les miracles sont faux ou inventés, la parole de Jésus qui les suppose perd toute autorité. C’est en vain que l’on tente une explication embarras-

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