LE TEMPLE DE GARIZIM
premiers livres de l'Ancien Testament, tels que l’enlèvement au ciel d'Enoch et d’Elie. Il était faaile de dég'aœer de ces récits la permanence dans la vie future de l’élément corporel transfiguré.
L'événement religieux le plus important sous la domination persane est l'érection du temple samaritain sur la montagne de Garizim aux portes de Sichem, par Manassé, frère du grand prêtre Jaddée. Manassé avait refusé de se conformer aux prescriptions lég'ales qui lui faisaient un devoir de répudier la femme étrangère qu'il avait épousée. [l se réfug'ia près de son beau-père Sam- . ballat, gouverneur de la Samarie, et, se prévalant de son origine sacerdotale, il se retira sur la montagne illustrée par les bénédictions du Deutéronome, pour y bâtir un sanctuaire rival de celui de Jérusalem ; il y célébra un culte amoindri et groupa autour de lui un certain nombre de Juifs, qui voulaient échapper au rigorisme de la restauration d'Esdras, et tout ce qui restait de l’ancienne population samaritaine ‘. Les émigrés de Jérusalem apportèrent avec eux le Pentateuque dont ils firent leur unique livre sacré, et constituèrent ainsi une espèce de judaïsme bâtard qui devait exciter la plus vive animosité de la part de leurs frères de la ville sainte. L'autorisation de bâtir un temple sur le Garizim avait été demandée au dernier des souverains persans et elle fut accordée par le vainqueur de Darius.
1 Josèphe, Arch., Il, 7, 2.
LE JUDAÏSME SOUS LA DOMINATION GRECQUE. 109 Il. — LE JUDAÏSME SOUS LA DOMINATION GRECQUE.
Avec Alexandre commence la domination grecque, qui s'étend de l’an 332 à l'an 167. La Judée participe à toutes les révolutions qui bouleversent l'Asie sous les successeurs du conquérant; cette vie politique agitée ne pouvait manquer d'accroître la fermentation des passions nationales. L'un des premiers effets du nouvel état de choses fut d’abaisser pour les Juifs les barrières qui les avaient séparés des autres peuples, et de déve- ‘lopper leur génie commercial. Ce fut surtout en Egypte qu'ils formèrent une importante colonie. Une portion notable du peuple tomba sous l'influence de la culture hellénique, sans toutefois renier ses traditions religieuses. La nécessité de mettre d'accord les idées nouvelles et les coutumes anciennes donna naissance à cette fameuse méthode allégorique qui devait rendre tant de services dangereux et produire tant d’absurdités. L'apparition de la Bible grecque à Alexandrie, sous Ptolémée Philadelphe (284-247), illustre protecteur des lettres et fondateur de la grande bibliothèque, fut un événement considérable; le génie solitaire et absolu des Hébreux contracte, pour la première fois, une sorte de mariage avec le génie subtil et brillant de la Grèce. Cette nouvelle influence se trahit dans la version des Septante par certaines modifications systématiques où l’on retrouve les notions platoni-