‹ Jésus-ChristChapitre 21 sur 376 · LE LIVRE DE JÉSUS SIRACH · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE JÉSUS SIRACH

ciennes sur le caractère de transcendance absolue de la Divinité ‘.

Cette influence hellénique, qui devait grandir encore en Egypte, est moins sensible en Judée, bien qu’elle y ait laissé ses traces, comme on peut s'en convaincre par le livre de Jésus Sirach. L'auteur, en morale et en religion, choisit la voie du milieu, qui est sans grandeur et sans péril. 11 fait l’apothéose de la sagesse, c’est-à-dire de la religion considérée uniquement comme doctrine. Il la fait parler en ces.termes :

« Je suis sortie de la bouche du Très-Haut et j'ai couvert la terre comme une nuée. J’aï habité dans les lieux très hauts, et mon trône est sur la colonne de nuées; j'ai cherché du repos et je me suis demandé dans quel héritage je me logerai. Alors, celui qui m'a créée m'a assigné.mon logis, disant : Loge-toi dans Jacob et prends ton héritage en Israël. J’ar pris racine parmi un peuple nouveau, j'ai été élevée comme un cèdre du Liban, comme un palmier au bord de l'eau. Toutes ces choses sont le livre du Testament de Dieu, la loi donnée à Moïse ?, »

1 Ainsi la terre vide et confuse du texte hébreu, dans le récit de la création, devient dans la traduction une terre invisible et ‘sans forme, dépatos Hat dratacreuactos (Genèse I, 2.) Au verset 5, la traduction porte : « Dieu créa toute la verdure des champs avant qu'elle. existât sur lu terre.» Ceci nous transporte dans le-monde des idées, types des choses; nous sommes en pleine philosophie platonicienne. La traduction des Septante fait également disparaitre le plus possible los théophanies, en substituant partout un ange à Dieu.

? Eyù dnd oréparos bbioreu &E nov. (C. XXIV, 5.) Les derniers mots de ce panégyrique de la sagesse nous montrent qu’elle n’est pas autre chose pour l'auteur que la révélation mosaïque personnifée,

Tady © TE LIVRE DE JÉSUS SIRACH.

Jésus Birach relève sans mesure la dignité des scribes et des docteurs : « Quant à celui, dit-il, qua. applique son esprit à la loi du Très-Haut et recherche la sagesse de tous les anciens, il s'exerce dans les pro- | phéties. Le Seigneur dirigera son conseil et sa science, et il dui fera connaître ses secrets. Plusieurs loueront sa prudence, de sorte que sa mémoïre ne sera jamais ni effacée ni rejetée, mais son nom durera de siècle en siècle !.» Jésus Sirach célèbre en termes magnifiques la grandeur du sacerdoce, mais on reconnait qu'il a perdu le sens profond du culte, et qu'il ne comprend plus ce symbolisme sublime qui devait exprimer le besoin du pardon. Pour lui, l’'aumône expie vraiment le péché?. Il exalte l’autorité de la tradition : « Tiens-toi, dit-il, dans l’assemblée des anciens et attache-toi au sage; ne t'écarte pas de l’enseignement des anciens, car ils l'ont appris de leurs pères.» Le livre de Sirach peut être considéré comme une première ébauche du sadducéisme ou du parti de l'étranger. L'auteur se résionévaux brusques révolutions des empires, en se rappelant que l’homme n'est que terre et que cendre, et, dans un passage significatif, 1] nie l’immortalité de l'âme. Pour lui, celui qui est mort n’est plus rien *. Aussi prodigue-t-il des conseils de lâche prudence. Il ne veut pas qu'on lutte contre l’homme puissant et

siche. Le sentiment de notre culpabilité doit arrè-

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