DIVERSES SORTES DE MIRACLES
compare aux évangiles le bizarre roman qui nous retrace la vie du plus grand magicien de l'antiquité, de ce fameux Apollonius de Tyane, qu’on essaya d'opposer à Jésus, non sans faire, pour rendre la partie plus égale, de nombreux emprunts à nos récits sacrés. On n'oublia qu'une chose dans ces emprunts, c’est la sainte sobriété et le souffle de charité qui caractérisent les miracles de Jésus. D'un côté, nous avons un merveilleux sec et théâtral qui n’est destiné qu’à illustrer la personne du magicien; de l’autre, les œuvres de l'amour compatissant qui s'oublie toujours afin de se donner sans réserve’. :
On peut distinguer dans les miracles de Jésus ceux qui ont été accomplis sur la nature et ceux qui ont eu les hommes pour objet. Au point de vue où nous sommes placé, les premiers ne nous paraissent pas plus difficiles à admettre que les seconds; pourquoi donc la nature offrirait-elle plus d'obstacles à la puissance divine que le corps humain, qui, après tout, en fait partie? Nous n'avons pas non plus d’objection contre les miracles accomplis à distance tels que la guérison du serviteur du centenier ?. Une fois que l’on admet la libre intervention de la puissance divine pour suspendre, dans un but religieux, les lois naturelles, toutes ces difficultés disparaissent. Cependant une différence subsiste entre les deux grandes classes de miracles pour
4 Voir la Vie d’Apollonius de Tyane, par Philostrate.
2 Strauss, dans sa Vie de Jésus, a fait une nomenclature des mi racles en cherchant à établir une sorte de progression däns l’absurde,