BUT DES MIRACLES
ce qui concerne le mode de leur accomplissement. La:
nafure ne saurait opposer de résistance à Dieu; elle est passive vis-à-vis de lui. [l n’en est pas ainsi de
la créature morale; elle ne peut être traitée comme
la matière inerte, même quand il s’agit pour elle d’une délivrance de l’ordre temporel. Elle doit, dans une certaine mesure, concourir au miracle. Ce n'est pas
que la disposition de l'âme, quoique e modifiée: sous l’action des paroles de Jésus, soit jamais la causc'effective
de la guérison; dans certains cas elle peut y contribuer, mais toujours dans une faible mesure. Si dans une maladie nerveuse l’état de l'esprit influe sur le corps, il n'y a aucun rapport réel entre la guérison de la cécité, de la lèpre ou de la surdité et un acte de soumission et
de confiance. Cependant, sans cet acte de soumission et
de confiance, la guérison n'aurait pas lieu; la foi n’en est pas la cause, mais la condition, c’est ainsi que le
Fais ; DR miracle a doublement un caractère moral, car il crée
une relation sainte entre celui qui l’opère et celui qui en est l’objet.
Les miracles de Jésus procèdent donc toujours d’une :
puissance surnaturelle, même dans les rares circonstances où il a employé quelque moyen extérieur pour les accomplir. Personne ne soutiendra que lorsqu'il oïnt les yeux d’un aveugle d’une poussière mouillée et l’en-
voie au réservoir de Siloé, ou bien que lorsqu'il impose : les mains aux malades, ces actes aient suffi à produire un effet aussi merveilleux. Le premier but des guérisons miraculeuses était d’éveiller le désir de la guérison mo-.
rale. Le mal physique, sans être toujours en rapport dans chaque individu avecsa culpabilité relative, comme Jésus l'a reconnu en combattantles préjugés de ses disciples', n’en est pas moins la conséquence du mal moral. It n’existerait pas sans le péché; il en est le fruit amer etle châtiment. La maladie, qui est l’avant-coureur de la, mort, rappelle la sentence de condamnation qui pèse sur: la race d'Adam. En la guérissant, Jésus montrait qu’il était venu pour triompher du mal dans toutes ses manifestations; s’il s’attaquait d'abord à ses conséquences. visibles,, c'était pour préparer ceux qu’il soulageait à une délivrance plus importante : aussi n'a-til jamais manqué de rappeler aux malheureux qui l’imploraient que la souffrance du corps n'était rien à côté de, celle de l’âme-et de leur offrir tout d’abord le pardon. « Va et, ne pèche plus, » telle était la conclusion de tous.ses miracles.