LE PREMIER MIRACLE DE JÉSUS
Jésus retrouva sa mère à Cana‘ dans une maison amie où se célébrait.une noce. Marie, qui avait conservé fidèlement dans son cœur les grands souvenirs de Bethléem et qui n'était pas sans connaître la scène auguste du Jourdain, éprouvait une ardente impatience de voir son fils inaugurer son règne avec éclat. Aussi saisitelle la première occasion qui lui fut offerte pour demander à Jésus d'accomplir un miracle. Le vin étant venu à manquer au festin, elle l’engagea à payer magnifiquement l'hospitalité qu’il avait reçue sous ce toit. Elle voulait le miracle pour la gloire de son fils et aussi pour sa propre satisfaction maternelle. De tels motifs devaient être écartés. Marie apprend de quel sceau d'austérité sera marquée désormais sa relation avec Celui qu’elle a porté dans son sein; elle saura ce qu’une grande mission coûte aux affections naturelles. Ainsi commence à s'enfoncer dans son cœur l’épée qui est destinée à le transpercer. Si nulle mère n’a été heureuse et bénie comme Marie, nulle aussi n’a plus souffert en face des redoutables exigences d'un ministère tel que celui de Jésus. « Femme, lui dit-il, qu'y a-t-il entre toi et moi? Mon heure n’est pas venue ! » En d’autres termes : « Ce n’est pas à toi qu’il appartient de me diriger. Je n’obéis qu’au signe du Père; l'heure de la gloire terrestre que tu attends pour moi est encore bien
1 Le Cana de l'Evangile n’est pas Kéfer Kena, situé à deux heures de Nazareth, mais bien Kana el Dschelil ou Cana de Galilée, Situé à trois lieues au nord-est de Nazareth; nous avons dans cette antique désignation arabe une confirmation de l’histoire évangélique. (Raumer, Palestine, p. 130.)