‹ Jésus-ChristChapitre 215 sur 376 · JÉSUS CHASSE LES VENDEURS DU TEMPLE · texte numérisé non relu

JÉSUS CHASSE LES VENDEURS DU TEMPLE

éloignée. » Jésus n’a écarté que le motif humain du miracle; cela ne l’empêche point de l'accomplir. Cemiracle, intime et privé en quelque sorte, est bien fait pour produire une divine certitude dans le cœur de ses disciples,

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sans exalter leurs espérances nationales. T1 sert aussi à.

marquer la différence entre Jésus et Jean-Baptiste; le Précurseur ne parle que d’austérité et de tristesse, parce que sa mission consiste à prêcher la repentance. Celui. qui donne le salut au monde ne tarit pas la source des

larmes pénitentes, mais il apporte un-élément de joie et

de bonheur; il ne dit pas seulement de mourir à soi, mais aussi de revivre !.

Après un court séjour à Capernaüm, où il avait ac

compli plusieurs miracles ?, Jésus se rendit à la ville sainte pour célébrer la fête de Pâque, toujours accompagné par ‘les jeunes Galiléens qui avaient commencé à s'attacher à sa personne. Sa première démarche publique fut une protestation énergique contre la profanation du sanctuaire; on reconnut en lui un nouveau Phinées, un Zélateur dévoré du zèle de la maison de Dieu *. Sans doute il était légitime que les victimes réclamées pour le sacrifice pussent être achetées à proximité du

1 L’explication mythique de Strauss, qui voit dans ce miracle un pastiche de celui d’Elisée quand il rendit salubres les eaux d’une fontaine, ne soutient pas l'examen. Il n’y a pas d’analogie entre les ” deux faits. (Leben Jesu, p. 509.)

2 C’est ce que prouvent les paroles de Nicodème : « Nul ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jean HI, 2), et la demande des habitants de Nazareth à Jésus quand il passa dans cette ville d'y faire tout ce qu’ils avaiené ouï dire qu’il avait fait à Capernaüm.

(Luc IV, 23.) $ Jean II, 17. Comp. Nombres XXV, 7.

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temple. Il fallait aussi recourir aux changeurs pour que

- l'impôt de deux deniers prélevés pour les frais de l'autel fût payé en monnaie juive, sans aucun vestige d’images interdites. Mais, au lieu de se borner au strict nécesaire, on avait ouvert un marché bruyant. Il n’était pas étonnantque le portique füt livré aux mercenaires quand le sanctuaire lui-même était devenu l'asile dela cupidité religieuse; le culte n’était plus qu’un moyen d’exploitation pour ceux quise disputaient le pouvoir ou le crédit, Quand la partie spirituelle du service divin était à ce

… point profanée, qu'attendre de sa partie matérielle? Jésus en châtiant ces abus grossiers inaugurait une . œuvre réformatrice qui, en se poursuivant, s’attaquerait bientôt aux solennités hypocrites du temple. Armé d'un fouet de cordes, il chasse les vendeurs et renverse les tables des changeurs; il les flagelle surtout de sa parole : « Otez tout cela d'ici, s’écrie-t-il. Ne faites pas de la maison de mon Père une caverne de voleurs ‘. » On sent, à son accent, qu’il a droit de tenir ce langage vraiment royal. Cette majestueuse et

… soudaine apparition de la sainteté indignée frappe tous - les assistants d'épouvante. Lies chefs de la hiérarchie échappent seuls à l'émotion générale, ils ne songent qu’à se défendre contre cette influence naissante. Les

— hommes d'autorité extérieure ne se démentent jamais. . Lors même que la puissance morale la plus incontestable vient de se produire sous leurs yeux, ils demandent encore une garantie officielle. « À quel

1 Jean II, 16.

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