‹ Jésus-ChristChapitre 222 sur 376 · NE CRÉTOUR EN GALIEÉE · texte numérisé non relu

NE CRÉTOUR EN GALIEÉE

Jean-Baptiste. Il avait vu dans cet événement un motif nouveau pour entrer d'une manière plus décidée dans son ministère public. Jusqu'ici, en effet, sauf un acte de zélateur divin dans letemple, quiétait plutôtune protestation soudaine contre la profanation du culte qu'une inauguration proprement dite de son œuvre, il aval agi dans une sphère privée; le baptème administré par ses disciples ne s'était pas distingué d'une M façon tranchée de celui du Précurseur. Maintenant que celui-ci est réduit au silence, le moment est venu pour le Messie de se produire devant son peuple. Jérusalem n’est pas le lieu favorable pour une telle manifestation; là sa cause ést comme perdue d'avance, ses ennemis ont en mains tous les moyens de l'arrêter dès son premier pas. La ville sainte sera pour lui le lieu du « combat; elle ne saurait être le théâtre de son activité habituelle. Le vrai peuple ne s’y trouve pas ou du moins” | il est complétement dominé par les chefs de la hiérarchie. La Galilée se prête bien mieux à son but, non parce qu'elle est plus ignorante que la Judée, mais parce qu’elle est moins asservie à la théocratie et plus accessible à un enseignement sans caractère officiel. M Cette contrée n’en était pas moins très attachée à la religion de l'Ancien Testament, et, comme les provinces M de frontière, elle se faisait remarquer par une fidélité M

à toute épreuve à la cause nationale, sans s’'adonner à \

an fanatisme intraitable. ù À | Jésus traverse de nouveau Cana, il y signale son pas

sage par un second miracle accordé à la foi d'un em

JÉSUS DANS LA SYNACGUE DE NAZARATH. 421 ployé de la maison royale d'Hérode Antipas', qui était venu le supplier de guérir son fils mortellement malade à Capernaüm. Cette courageuse confiance reçut une confirmation immédiate; l'enfant s'était relevé de son lit de souffrance. à l'heure même où son père avait demandé à Jésus de visiter sa demeure?. Trois heures de cheinin séparent Cana de Nazareth. C'était une démarche pleine de hardiesse que de venir parler en Messie dans la ville même où on l'avait vu grandir près du charpentier Joseph. Il y passa le sabbat, et se rendit à la synagogue où la population s'était rassemblée pour entendre lire selon la coutume une portion des saimts livres. Le passage du jour était ce sublime oracle d’'Esaïe où le Hibérateur promis à Israël est dépeint, non pas comme un roi triomphant, mais comme l'ami secourable des pauvres et des humbles, qui ouvre les yeux de l’aveugle, rend la liberté aux captifs, et inaugure l'ère de la bienveillance, le grand jubilé de l'humanité pardonnée*. Au milieu du silence attentif et recueilli de l'assemblée, Jésus s’écrie : « Aujourd'hui cette révélation a eu son accomplissement, » Puis il se

1 BactAtxôc. (Jean IV, 46, 47.)

? C’est à tort qu'Ewald, de Wette et Baur ont voulu assimiler Ce miracle à la guérison de l’esclave du centenier racontée par Matthieu et par Luc (Matth. VII, 5; Luc VII, 1-10). Tout diffère dans les deux miracles. Ainsi l’un est opéré à Cana, l’autre à Capernaüm; d'un côté nous avons un employé du roi, Juif de naissance, de l’autre un centurion romain; dans le premier cas, le malade est le fils de celui qui présente la requête, dans le second c’est son esclave. Eufin tandis que l'employé demande à Jésus de venir dans sa maison, le venturion fait la demande contraire,

SEuc IV, 18.

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