‹ Jésus-ChristChapitre 225 sur 376 · ON L’'ACCUSE DÉ VIOLER LE SABBAT · texte numérisé non relu

ON L’'ACCUSE DÉ VIOLER LE SABBAT

de sa force. Jamais le réservoir de Béthesda ne mérita mieux que ce jour-là son beau nom de maison de miséricorde. Dans cette scène si grande et si touchante, les pharisiens n'ont vu qu'une chose, c'est que leur tradition n’a pas été respectée. Devant cet homme guéri et pardonné ils crient au scandale, parce que le miracle a été accompli un jour de sabbat. Le sabbatisme à outrance était le génie propre &e la religion pharisaïque; en le défendant, elle défendait sa raison d’être, son principe essentiel; en l'attaquant ouvertement ou plutôt en se plaçant simplement, pour faire le bien, au-dessus de ses ridicules prescriptions, Jésus fondait la religion de l'Esprit et abolissait celle de la forme. Il suffisait d’un élan de son amour compatissant pour briser ce réseau serré de préceptes mesquins; d’un souffle il faisait tomber en poussière le cadavre du judaïsme hypocrite embaumé avec tant de soin. Accomplir un acte de miséricorde le jour du sabbat, c'était opposer la morale éternelle et divine à la morale artificielle et de convention. Les pharisiens eurent raison, à leur point de vue, d'enager la lutte sur ce terrain; ils combattaient vraiment pro aris el focis.

L'émoi fut done très grand à Jérusalem quand on apprit que le nouveau docteur avait osé violer le sabbat pour secourir une créature immortelle faite à l'image de Dieu. On le poursuivit de récriminations violentes, avec la pensée bien arrêtée de lui faire un procès en règle ‘. Jésus ne s’abaisse pas à jus-

1 Jean V, 16.

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