‹ Jésus-ChristChapitre 238 sur 376 · LE TEMPS DE LA FAVEUR PUBLIQUE · texte numérisé non relu

LE TEMPS DE LA FAVEUR PUBLIQUE

l'humilité du nouveau prophète tendait à dissiper. Un Messie qui cherche la solitude et fuit la royauté n’est pas celui que l’on attend en Judée. Dès que le peuple sera désillusionné, la haine remplacera promptement la faveur. Les hommes d'école et de gouvernement échappaient à l'entraînement général. Nous allons voir le parti pharisaïque, même en Galilée, prendre une attitude hostile vis-à-vis de Jésus. Le premiersymptôme" de ces dispositions apparut à l'occasion de la guérison d'unparalytique à Capernaïtim, pendant un des courts sé] ours que Jésus faisait dans cette ville. Un jour qu'il était entouré d’une foule considérable venue de tous les points du pays, il s'était retiré dans une maison particulière où l’on s’entassait autour de lui. Un homme impotent s'était fait amener pour être guéri, mais comme ceux qui le transportaient ne pouvaient pénétrer dans l’intérieur, à cause de la foule, ils n’hésitèrent pas à pratiquer une ouverture dans le toit. Âu prix de ce courageux effort, ils placèrent leur ami aux pieds du grand prophète. Touché de cet acte de foi, Jésus commence par guérir l’âme avant de son: cer au Corps : « Homme, dit-il au paralytique, tes péchés te sont pardonnés. » Les pharisiens crient au blasphème; leur irritation s'accroît quand ils voient l'impotent se relever et charger son lit sur ses épaules. Rien ne pouvait les indigner davantage que cette pré-. tention du nouveau Maître d'opérer directement la réconciliation avec Dieu, sans se soucier de leur tradition ct de leurs rites. Is furent encore plus courroucés

MÉCONTENTEMENT DES FHARISIENS 139

contre lui quand, peu de jours après, il plaça ouvertement au rang de ses disciples le péager Lévi, dans lequel ils voyaient le serviteur à gages. des oppresseurs de leur patrie. Jésus ne pouvait s'arrêter à une considévation semblable pour repousser un homme bien disposé, qui se montrait prêt à renoncer pour le suivre à tous les avantages de sa position '. Comme les phari-

siens s'indignaient de ce qu'il s'était assis à la table

. d'un publicain, il leur fit cette belle réponse : « Ceux + qui sont. en santé n'ont pas besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance les,justes, mais les pécheurs*. » Les anciens ad- - . versaires du Baptiste ne craignent pas d’invoquer son exempletet d’opposer à Jésus l’ascétisme de l’homme du désert. « Vous ne pouvez faire, dit-il, que les amis de l'époux jetnent quand ils l'ont avec eux! » Avec le Messie commence le saint mariage entre l'âme et Dieu, si souvent annoncé par les prophètes. Cette première heure des noces spirituelles appartient à la joie. La séparation douloureuse viendra assez tôt; 1l suffit pour s’en convaincre de voir éclater en toute circonstance le mauvais vouloir des chefs de la hiérarchie. D'ailleurs Jésus, dans sa pédagogie délicate et habile, proportionne ses préceptes à la capacité de ses disciples. Les appeler de prime abord à toutes les sévérités d’une vie crucifice, ce serait verser le vin nouveau dans l’outre vieillie *. t Voir dans l'introduction les preuves de l'identité de Lévi et de Matthieu.

Luc V6.

Luc VW, 33. Matth. IX, 14,47. Marc II, 18-22.

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