MÉCONTENTEMENT DES PHARISIENS
La question du sabbat ne pouvait manquer de se poser en Galilée comme en Judée. Les disciples sont dénoncés avec un grand fracas d'indignation, comme des violateurs de la loi de Dieu, parce qu'ils ont arraché quelques épis pour apaiser leur faim dans le jour du repos. Jésus en appelle de cette législation méticuleuse et hypocrite à l'esprit même de la loi; il invoque l'exemple de David qui ne s'était pas fait scrupule de nourrir ses compagnons des pains sacrés déposés sur l'autel. « Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme poux le sabbat'. » Les pharisiens, par leur étroite interprétation du cinquième commandement, en font une sorte d'idole à laquelle ils sacrifieraient volontiers la vie humaine sans aucun profit pour l’âme, car en réalité leur insistance sur l’observance littérale conduit à la violation morale de la loi divine qui se résume dans cette grande parole : «Je veux la miséricorde et non le sacrifice ?. » Si le sabbat a été fait pour l’homme, il appartient au représentant, au chef de l'humanité nouvelle d’en régler l'observation de manière à ce qu'il ne soit pas détourné de son but. « Le Fils de l'homme est le Maître même du sabbat*. » Toute la théologie de saint Paul est en germe dans ces mots «i profonds auxquels le discours sur la montagne va donner un si admirable commentaire.
Jésus fait plus que de présenter l'apologie de ses
1 Tè odébaroy dix rèv Gypwmoy àyévero, oby 6 avhowros Ôta :c c466atov. (Marc II, 27. Lue VI, 1-5.) 4 Maitn. XII, 7.
S Luc VE'5.