‹ Jésus-ChristChapitre 240 sur 376 · MÉCONTENTEMENT DES PHARISIENS · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DES PHARISIENS

disciples; il se pose hardiment comme le maître du sabbat. En pleine synagogue, à l'heure même de la lecture des livres sacrés, il fait placer au milieu de l'assemblée un homme paralysé d’une main et le guérit publiquement. Pour qu'on ne se trompe pas sur son intention, il affirme son droit avec une sinœulière énergie mêlée de tristesse et d'indignation. . Certes, s'il est permis de retirer un bœuf d'un puits en un tel jour, il ne saurait être défendu de guérir un être fait à l’image de Dieu. Il avait trop raison; un tel argument était irréfutable. Les pharisiens ne sy trompèrent pas; aussi, laissant le terrain de la discussion publique, commencèrent-ils à recourir à la ruse et aux complots. En Galilée, ils cherchèrent à s'appuyer sur le parti des hérodiens avec lequel ils avaient quelques affinités politiques, parce que ceux-ci soutenaient * un pouvoir différent de celui des Romains. Dès ce moment Jésus put prévoir la fin prochaine de sa popularité. . Aussi, sans abandonner sa mission générale auprès de ses concitoyens, commença-t-il à se consacrer davantage à ses disciples. Plus l’ancienne théocratie s’éloigne de lui, plus il se préoccupe de la nouvelle société religieuse qu'il a instituée. C’est à cette époque que remonte le choix des apôtres et le discours sur la montagrne. |

Nous n'avons pas à revenir sur le vrai sens de cette institution; bornons-nous à chercher les motifs qui ont

412 LE CHOIX DES DUUZE APOTRIS.

guidé Jésus dans l'élection de ces douze hommes destinés à devenir le premier noyau. et la représentation idéale de l'Eglise". L'apôtre n'était pas simplement appelé à faire la propagande d’une doctrine; sa mission était de concourir à la fondation d’une religion. Ni l'adhésion de l'esprit, ni l'élan courageux ne pou-

vaient suffire à une telle tâche; il fallait revêtir

l'esprit même de Jésus, ce désintéressement absolu

qui est une constante immolation de soi-même. L'apostolat est par essence un martyre. Rien n'est beau dans sa simplicité comme l'institution d'une charge si héroïque. Sa grandeur est toute morale; aussi n’at-elle pas été inaugurée avec éclat, comme la: prêtrise iévitique. Et cependant quelle pompe de l’ancien. culte

efface la solennité de cetté heure sacrée où Jésus,

après avoir passé la nuit en prières sur l’une des collines qui avoisinaient Capernaüm, désigna ses douze apôtres ? Il ne les choisit. pas dans les hauts rangs de la hiérarchie ou parmi les représentants de la science relicieuse de son temps, il les prit « du commun peuple, » rudes, ignorants, plus habitués à travailler de leurs mains qu'à exercer leur intelligence, mais aussi ils avaient gardé la droiture et la fraîcheur enfantine des âmes simples. Sans doute, il trouvait en eux plus d'un préjugé à détruire, mais au moins leur être moral n'a-

vait pas été faussé et déprimé par une culture artifi-

cielle, leur conscience n’était pas étouffée sous la pesante armure de la tradition pharisaïque;. ces natures can-

1 Matth. X, 1-15. Marc II, 13-19. Luc VI, 12-16.

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