LA NOUVELLE LOI
qui donneraient à croire que la stricte vérité n’est pas
toujours un devoir sacré. A la loi du talion il substitue le grand commandement de l'amour miséricordieux qui mesure ses bienfaits aux offenses et aux outrages. « Si quelqu'un tefrappeà lajouedroite, présente aussi l’autre. Si quelqu'un veut plaider contre toi et t’ôter ta robe, laiëse-lui encore l’habit. Aimez vos ennemis. Bénissez ceux qui vous maudissent. Priez pour ceux qui vous outragent. » La loi nouvelle est rattachée au type éternel du bien; elle en découle comme de son principe : « Soyez parfaits comme votre Père est parfait. Soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants. » Devant ce principe divin de toute morale disparaissent les vains sophismes de la casuistique pharisaïque.
La fausse dévotion est écartée comme la fausse justice. L’aumône retentissante qui cherche l’applaudissement, les longues prières qui ne sont que de vaines formules, et le jeûne affiché qui reçoit son salaire dans l'admiration qu'il provoque, tous ces mensonges d’une religion hypocrite sont percés à jour; les traits précis abondent dans cette incomparable peinture. Is étaient bien connus, ces hypocrites qui étalaient leur piété dans les carrefours et les synagogues en faisant sonner la trompette devant leurs prétendues bonnes œuvres. Rien n’ég'ale en saveur et en originalité pénétrante les directions de Jésus sur la vraie piété : « Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta droite. Quand tu pries, n’use pas d’un vain