‹ Jésus-ChristChapitre 262 sur 376 · LA TEMPÊTE SUR LE LAC · texte numérisé non relu

LA TEMPÊTE SUR LE LAC

suffi pour cela de toucher le cœur de l’homme comme Moïse avait frappé de sa verge le dur rocher du désert.

La foule est ravie, enthousiasmée; c’est bien à cette heure qu’elle croit avoir trouvé le Messie selon son cœur, celui qui, d’après les brillantes peintures de ses apocalypses, doit faire de la Judée affranchie un paradis terrestre où couleront littéralement les ruisseaux de lait et de miel, où les arbres plieront sous le poids de fruits prodigieux. On veut l'enlever pour le faire roi !, mais déjà il s’est dérobé à cet empressement fanatique. Il n’a pas même voulu de la société de ses disciples; il se recueille avant de frapper le grand coup qui dissipera ces illusions qui l’offensent. Ses apôtres reviennent

seuls dans la baïque, tandis qu'il suit la grève déserte. . |

Cependant le vent commence à souffler et à soulever les vagues, les disciples sont déjà en proïe à la terreur quand ils voient apparaître Jésus sur les eaux du lac; ils s'imaginent d'abord que c’est un fantôme, mais ils sont rassurés par cette douce parole : C’est moi, n'ayez point de peur! Pierre, n’écoutant que son impétuosité, s’élance au-devant du Maître, mais commé il a plus de fougue que de foi, il périrait à coup sûr sans la main secourable qui lui est tendue ?. Il se souvint sans doute de cette mémorable circonstance, dans cette autre nuit où sa présomption l'aurait fait tomber plus bas encore si la même main ne l'avait ressaisi. Ce lac agité par la ternpête, cette faible barque ballottée, le Maître qui apparaît

1 Jean VI, 15.

2 Matth. XIV, 87, Comp. Marc VI, 45-54, Jean VI,15-21.

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