‹ Jésus-ChristChapitre 273 sur 376 · TU ES PETRUS · texte numérisé non relu

TU ES PETRUS

Re tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon

Eglise, et les portes de l'enfer ne l'emporteront pas sur elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel!. »

Pour la première fois l'Eglise est nommée; elle est, | en effet, fondée du jour où la haute dignité de Jésus est reconnue. Pierre a prononcé la parole, ou le verbe, qui l’enfante, qui la conserve, qui la rend invincible; cette parole lie et délie, sauve et condamne; elle participe au pouvoir de l’être divin qu’elle révèle. Aussi, quelle que soit la bouche par laquelle elle passe, elle revêt un caractère identique. Voilà pourquoi, dans le même Evang'ile,le pouvoir des clefs, le droit de lier et de délier est confié non plus à Pierre seulement, mais à tous les disciples ?; car on ne peut supposer qu'un discours qui, dans son ensemble, roulait sur les devoirs les plus élémentaires de la vie chrétienne, ne fût pas adressé à tous les croyants. Ainsi se trouve écartée toute institution d’une primauté d'office qui ferait d’un

homme l'administrateur souverain des pardons de Dieu.

Mais il n’en reste pas moins à Pierre l'honneur d'avoir prononcé le premier ce verbe créateur de l'Eglise, et d’avoir déployé dans sa fondation ces grandes qualités d'énergie conquérante qui lui confèrent réellement une primauté morale à Jérusalem.

1 Matth. XVI, 19-20.

2 Jd. XVIII, 18.

vs:

492 LA TRANSFIGURATIOT

A peine le fils de Jona a-t-il fait la déclaration. ui

lui a valu l’éclatante approbation du maître, qu ’une

| parole d'erreur remplace sur ses lèvres ce noble témoi- .

gnage. À la première allusion de Jésus à ses souffrances

et à ses humiliations prochaines, l’apôtre proteste avec

indignation et. s’attire ce mot terrible : « Retire-toi de

moi, Satan '. » Si l'Eglise n’avait d'autre fondement

que le cœur mobile d’un homme, on peut voir par là combien sa base serait fragile. C’est bien un trait de là grandeur du Christ qu'au moment même où sa gloire est proclamée, 1l parle de son sacrifice. L’étonnement

de ses disciples prouve à quel point ils avaient besoin:

de cet enseignement, car, s'ils pressentaient son élévation, ils étaient encore très loin de comprendre par

quelle voie douloureuse il l’obtiendrait. C’est l'unique :

aison pour laquelle il leur défend de proclamer qu'il est le Messie *. Lui seul est capable de revendiquer le titre qui lui appartient sans rien conçess aux superstitions de son peuple.

A l'ouest de Césarée de Philippe s'élève vers le ciel la magnifique chaîne du grand Hermon; elle domine tout le pays. C'est sur l’une des montagnes qui en font partie que se passa la scène mystérieuse

1 Matth.-XVI, 23.

2 Je ne répéterai pas ce que j'ai dit pour réfuter l’idée de Baur,

de Schenkel et de M. Colani sur le moment où Jésus s’est reconnw

comme le Messie. J'ai établi qu’il n’est pas possible de le reporter à l'entretien de Césarée de Philippe. De ce que Jésus défend à ses disciples de proclamer une vérité qu’ils ne comprennent pas nettement, il ne s’en suit pas qu'il ne l'ait pas lui-même proclamée, car il n'avait certes pas les mêmes motifs pour garder le silence

ARTE À : 4 ei He, dt irinid id "OC < 3 4 : : FH - Sr. » : PTE à : v r œuE EE La ES LE Te Li x PR +. * Faille - 5 GE DEF Er FROM RER à, 2 BU TN Er M, a NEA ds Ké + SAN À "Hot Er. v # 47 : SX € re nn 5 a AT Fe LR « LA TRANSIIGURATION, : < LES

s X au

£* Der Ÿ = Rs" le la ansfiguration !. Tous les bruits de dE terre 7 sn au De de cette haute. retraite Sn # er # de

perd à ie Re Rés: herbes. C’est pes à RS l'heure calme et silencieuse qui précède le soir que La + x ésus a gravi la montagne. Il est accompagné de trois

de ses disciples, Pierre, J: acques et Jean. Soudain sa 3 ie et ses vêtements sont entourés d’une clarté si L- | LE que, selon la naïve expression de saint arc, nul foulon n’en peut produire de semblable. I] y à a plus ici que ce rayonnement d’une âme céleste qui bri le parfois sur le visage humain. Qui n’a pas ren- d

à | contré,. nveffet, de ces regards révélateurs qui sont : comm. les éclairs du dedans, pau pesé

* et Elie apparureut, s’entretenant avec Jésus et Ie A “ ÿ S Me , , de ce qui allait se passer à Jérusalem. Ainsi, tandis

sd e le faux judaïsme repousse le Messie, le véritable, : -dans ses plus authentiques représentants, le reconnaît É et l'adore. L'ancienne alliance et la nouvelle se rejoinent sur le mont glorieux comme la justice et l’amou ’uniront bientôt sur cette autre colline ga est

Ar a Es

sjà à l'horizon de Jé ésus. | 4 La tradition place à tort la transfiguration sur le Thabor, Jésus se trouvait à cette époque dans les environs de Césarée de Philippe (Matth. XVI, 13; comp. XVIL 1). Une forteresse avait été bâtie sur

> le sommet du Thabor, ce qui cadrerait mal avec une scène pareille.

bu -

ù SUR \ # + 2. 5 < £ 4 à | Ls i + f AR EE. LFP L à CRT 2 en" Le -. u * . NS:

tn; Eu vle 7 6% AL, ve TA 4 + LE = L r à, ÿ FA Ne TR à KES | 2 2 id « * si $ sé 3 " E 4 ’ a ra hs ’ %, : 4

reux “nbus échappent trop complétement pour aucune “explication sur cette apparition de Moïse et. d’ Elie. Les apôtres ont, sans aucun doute, entendu à à leur réveil quelques mots de l'entretien mystérieux; A c'est ce qui leur a permis de reconnaître les deux grands 4 prophètes !. Pierre voudrait prolonger cette heure du ciel et dresser des tentes sur la cime radieuse, mais une | nuée s’abaisse sur les trois disciples; ils frissonnent 4 d’épouvante, car ce n’est plus Elie ou Moïse qu'ils ‘2 entendent, c’est une voix divine qui dit : « C’est ici mon .

Fils bien-aimé, écoutez-le ?. o

De quelle manière ces nee ineffables ont-elles été 1 vues et entendues? c’est ce qu’il est impossible de déterminer;, on peut appliquer aux trois apôtres le mot de : saint Paul sur les visions du troisième ciel: « Si ce fut en leur corps, je ne sais; si ce fut sans leur corps, en … esprit, je l’ignore; Dieu le sait °. » Pour les disciples, la À transfiguration était destinée à éclairer d’un rayon de d gloire les sombres jours qui allaient commencer; elle devait aussi fortifier Jésus pour son combat. Ce fut sa première veille des armes, en attendant qu’il Lu sé celle de Gethsémané. Cette scène auguste devait de= ; meurer un secret entre lui et ses trois apôtres jusqu ‘à sa résurrection. À

Après un court entretien, où il leur spRentt qfè J ean- de

1 Nous voyons que l'entretien a lieu avant que les trois apôtres + | aient reconnu Moïse et Elie. (Luc IX, 31.)

2 Luc IX, 35. | ‘40 5 2 Cor. XII, 8. À

Dh D

Ur dé

Baptiste était bien l’Elie qui devait venir, il redescend avec eux de la montagne. Quel contraste! Là haut,

Page 1