LA FÊTE DES TABERNACLES
faisait face au temple, cachait de fraîches retraites; il offrait sur sa cime une des plus magnifiques perspectives de la Palestine, terminée vers le nord par lescintillement de la mer Morte et vers le sud par les sommets bleuàtres des:monts de Moab embrasés des feux du soleil. Les sépultures nombreuses qui jonchaient la colline en descendant vers la vallée de Josaphat ne s’élevaient pas du milieu d’un monceau de débris accumulés parmi les ronces et les herbes incultes. Leurs lignes blanches tranchaient sur la verdure des pentes. Jérusalem ellemême était une ville magnifique, où se pressait une population considérable, et que dominait son temple aux proportions majestueuses et sévères. [l n’y avait
donc rien dans les circonstances extérieures qui püt . opérer un changement radical dans les sentiments de
Jésus, à supposer qu'on accorde à la nature une aussi dégradante influence sur l'âme. Qu'on n'oublie pas d’ailleurs que c’est sur les bords désolés de la mer Morte qu'avait commencé son ministère et qu’il sortait des
brûlants déserts de Juda quand il a inauguré l’année
de la bienveillance. Nous savons déjà que Jésus n'a … pas attendu de fouler ce sol aride pour manifester ce qu'on appelle son exaltation fanatique, car c’est en Ga-
lilée quil s’est donné comme le pain du ciel, comme
l'aliment immortel de l’âme; c’est là qu'a commencé
cette insistance sur sa personne qu'on lui reproche.
La fête des Tabernacles, qui avait lieu en octobre, ap-
« prochait; c'était une des grandes solennités religieuses
du judaïsme. En souvenir de la vie errante du désert, le
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