‹ Jésus-ChristChapitre 313 sur 376 · LE JOUR DES PALMES · texte numérisé non relu

LE JOUR DES PALMES

entre celui qui a vendu Jésus et le disciple bien-aimé.

Le premier ne pouvait pas plus comprendre le second

qu'il n’était capable d'admirer l'acte de Marie. Cette antipathie remontait à Jésus lui-même, car cet amour pur, ardent, dévoué, qui apparaît dans la sœur de Lazare et qui possédera saint Jean tout entier, c’est le Maître qui l'a allumé en eux au contact de son propre cœur. Plus il manifeste l’esprit qui l'anime, plus le malentendu entre Judas et Jésus tend à se dissiper. Les mauvais instincts l'ont emporté dans l'âme du disciple; les sinistres prophéties qu'il vient d'entendre sur la crise qui s'approche, l’animosité des grands, les décrets du sanhédrin, tout lui montre que c'en est fait de son rêve grossier d’un triomphe terrestre. Il veut répudier une cause perdue qu'il ne peut plus servir sans danger, et qui, d'ailleurs, lui est devenue odieuse depuis qu'il a compris qu’elle demande tout et ne donne rien, du moins en ce qui concerne les biens matériels dont il est avide; en l’abandonnant, il veut au moins satisfaire d'une manière quelconque son amour de l'argent. C'est ce qui explique qu'après le grand éclat de Béthanie sa résolution aît été irrévocablement prise. Probablement les pourparlers entre lui et le sanhédrin commencèrent dès le lendemain.

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