III. — L'ENTRÉE TRIOMPHALE A JÉRUSALEM
Le festin venait à peine de se terminer quand on vit arriver à Béthanie un grand nombre de Juifs qui, étant
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LE JOUR DES PALMES. 563 venus à Jérusalem pour les fêtes, avaient appris avec admiration la résurrection de. Lazare. Ces hommes, étrangers aux intrigues et aux passions des chefs de la hiérarchie, apportaient à Jésus les mêmes dispositions favorables qui avaient été si générales au début de son ministère, ils renouvelaient un instant la rapide période de la faveur publique; leur empressement alla si loin que le parti hostile en témoigna une vive inquiétude et parla même derse débarrasser de Lazare". Jésus put prévoir dès ce moment le cortége triomphal du lendemain, car les caravanes de pèlerins qu'il avait laissées en arrière étaient au moment d'arriver, et il suffisait d'une étincelle pour que ce peuple, déjà bien disposé par ce qu'il avait vu à Jéricho, lui montrât un ardent enthousiasme. À toutes les époques de sa vie, il n’aurait eu qu'à s’abandonner au courant pour être traité en roi. Nous savons pourquoi il avait constamment décliné ces honneurs, aujourd'hui, si près de sa fin sanglante, il n'hésite pas à les accepter; bien plus, ils’ y prépare, car il fait demander à l’un de ses disciples de lui amener le poulain d’une ânesse?. Les Orientaux préfèrent pour les circonstances solennelles cette monture pacifique au cheval fougueux. Dès l'aube, la foule qui vient de Jéricho se presse dans la petite bourgade, On veut voir la maison où le miracle a été accompli, la œrotte funèbre d'où une parole puissante a fait sortir Lazare, et surtout Jésus lui-même. Tout ce qu'il compte
1 Jean XII, 9-10.
2 Luc XIX, 30.