LE JOUR DES PALMES
de gloire plane pour ses disciples au-dessus de toutes ses humiliations pour leur rappeler qu'il ne les subit que parce qu'il le veut bien. Il faut qu'il leur laisse un gage du triomphe qui leur est réservé; sinon le monde s’imaginerait que la vérité est vouée définitivement à l’opprobre et à l'impuissance. Cela n'est pas, elle est destinée à la victoire la plus éclatante; il est bon qu'on en voie le rayon avant-coureur sur le front couronné d'épines. Le jour des palmes est tout resplendissant de cette glorieuse promesse, qui est la consolation des témoins du Christ aux jours de l’ignominie et de l’apparente défaite.
Le chemin qui de Béthanie se dirige vers J érusalem est pendant un certain temps comme enfermé entre les collines boisées qui l'entourent. Puis il tourne brusquement et rejoint les pentes orientales du mont des Oliviers, à un endroit où l’on cherche vainement aujourd' hui les ruines de Bethphagé, « le hameau des Figuiers. » L’horizon s'étend aussitôt devant le regard; au delà de la profonde vallée de Josaphat où coulait le Cédron, le mont de Morija se dresse de toute sa hauteur. Au temps de Jésus, le temple y apparaissait dans sa majesté et la ville sainte couronnait de ses blancs édifices les collines parallèles sur lesquelles elle était bâtie. Jérusalem se découpait tout entière sur le ciel bleu. Tel fut le spectacle que contempla soudain Jésus. Alors, oubliant sa gloire d’un moment, il ne voit plus que l'immense infortune de la cité rebelle; 1l sait ce que recouvrent ces brillants dehors; cette ville ma-