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CHAPITRE II

RAPPORTS DE JÉSUS AVEC LES AUTORITÉS DE SON PAYS. LA RELIGION NOUVELLE ET L'ÉTAT.

Le sanhédrin, après la fameuse délibération qui suivit la résurrection de Lazare, avait donné ordre que l’on s’emparât de Jésus partout où on le trouverait '. L'enthousiasme des pèlerins venus pour la fête l’oblig'ea à plus de circonspection. Les nouveaux arrivants étaient moins faciles à entraîner que la population habituelle de Jérusalem. C’est ce qui explique que les mesures vio- - lentes ne furent pas mises à exécution, comme on aurait dù sy attendre. Jésus, en paraissant dans le temple porté en quelque sorte par le flot populaire, n’était pas un ennemi qu'on pûüt écraser d'un seul coup. Il fallait temporiser et recourir à la ruse.On reconnaît immédiatement un plan arrêté dans les questions qui lui furent posées ce jour-là et le suivant. Tous les partis religieux se sont unis pour lui tendre des piéges et se sont réconciliés contre l’adversaire commun. Les hérodiens, les pharisiens, les sadducéens entrent en scène tour à tour et s'efforcent d'obtenir de Jésus quelque parole qui le compromette auprès du peuple et puisse servir à fonder une accusation plausible.

1 Jean XI, 57.

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