‹ Jésus-ChristChapitre 321 sur 376 · LA RELIGION NOUVELLE ET L'ÉTAT · texte numérisé non relu

LA RELIGION NOUVELLE ET L'ÉTAT

Le sanhédrin commença par un vrai coup de maître qui pouvait réussir de deux manières, soit en rendant Jésus odieux à ses compatriotes, soit en le posant comme un rebelle aux yeux des Romains. Les pharisiens, unis aux hérodiens, lui demandèrent avec des circonlocutions hypocrites s’il fallait payer l'impôt à César. Nulle question n’était plus brûlante, la réponse affirmative heurtait de front les préjugés populaires; la réponse négative mettait Jésus au rang des rebelles voués à la mort. Cette épée à deux tranchants était maniée avec une habileté diabolique. Cette fois encore la ruse allait être déjouée ; Jésus échappe au dilemme en le dominant de toute la hauteur de ia vérité. éternelle. Il tranche d’un mot le difficile problème de la relation des deux pouvoirs civil et religieux, et, en se défendant contre une perfidie, il trace l’infranchissable frontière entre le domaine de la conscience et celui de l'autorité civile. Arrêtons-nous un instant à cette grande parole si féconde pour le renouvellement de la société et qui jette un jour lumineux sur la conduite de Jésus dans le terrible conflit où 1l devait suecomber et triompher. s

« Pourquoi me tentez-vous? dit-il à ses interrogateurs. Apportez-moi un denier, que je le voie. De qui est cette image et cette inscription? Ils lui dirent : De César. Jésus reprit : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu‘. » Cette grande

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