LA PRIERE SACERDOTALE
jasserez seul; mais je ne suis pas seul, parce que mon Père est avec moi. Vous aurez des afflictions au monde, mais prenez courage, j ai vaincu le monde", »
Ainsi, victoire finale dans les cieux, au terme de la carrière; dans la vie présente, tâche sublime, avec le secours tout-puissant de l'Esprit, présence continue du Christ au milieu des siens; souffrances incessamment consolées et fécondées, persécutions glorieuses aboutissant au triomphe; paix et joie inaltérable en toute circonstance; — voilà ce que Jésus lègue à ses disciples dans ces derniers discours si admirablement appropriés à leur faiblesse et à leur tristesse, fréquemment inter- rompus par leurs interrogations inquiètes et qui, bien loin d’être un développement de haute théologie, comme on les en accuse, se prêtent à tous les incidents d’un libre entretien.
Quand la dernière coupe eut circulé et que l'hymne d'action de grâce eutretenti, Jésus, quittant la chambre haute, se dirigea avec ses disciples vers sa retraite favorite au pied du mont des Oliviers. Mais, avant de franchir le Cédron, il lève les yeux au ciel et fait plus que de prononcer des paroles de consolation; il invoque son Père pour son Eglise dans cette prière justement nommée sacerdotale, où, embrassant d’un regard tous ses périls, toutes ses misères et tous ses besoins depuis l'heure présente jusqu'aux dernières consommations, il la place en quelque sorte sous les bras éternels. Quiconque croit au monde invisible voit dans cette oraison
1 vevtxnra. (Jean XVI, 33.)