‹ Jésus-ChristChapitre 347 sur 376 · JÉSUS CHEZ ANNE · texte numérisé non relu

JÉSUS CHEZ ANNE

servé une grande influence sur le sanhédrin, qui était rempli de ses parents et de ses créatures. Jésus n’a pas d'ennemi plus acharné que ce chef rusé d’une famille sacerdotale, rompu aux intrigues du temple, et le haïssant doublement à titre de sadducéen et à titre de prêtre. Son intention était probablement de préparer l’audience solennelle du sanhédrin. Il joue dans le procès de Jésus le rôle de juge d'instruction ‘. Dans l’absence de chefs d'accusation bien déterminés, il fallait prendre des précautions exceptionnelles pour arriver à une condamnation. Anne interroge Jésus sur sa doctrine et sur ses disciples. « J'ai parlé ouvertement devant le monde, répond Jésus ; j'ai enseigné partout, dans la synagogue, devant le peuple, là où se rassemblent tous les Juifs, je n’ai rien dit en secret. Pourquoi m'interroges-tu ? Demande ce que j'ai dit à ceux qui m'ont entendu. Ceux-là le savent bien. » Rien n’est plus irritant qu'un tel calme pour des hommes de passion. Un des assistants frappe l'accusé au visage. * « Si j'ai mal parlé, dit Jésus sans s’émouvoir, convaines-moi; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappestu ? » Telle est son attitude sous ce vil outrage; il n'éprouve pas même l'indignation si naturelle qui, dans une circonstance analogue, arrachera une parole d’anathème à saint Paul. Rien ne fait mieux mesurer la distance entre le plus grand des disciples et le Maïtre. Quelle royauté dans un tel support! |

Dès qu'on peut rassembler le sanhédrin, Jésus est

1 Jean seul mentionne la comparution devant Anne. (XVII, 164

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