‹ Jésus-ChristChapitre 348 sur 376 · LE RENIEMENT DE PIERRE · texte numérisé non relu

LE RENIEMENT DE PIERRE

conduit au palais de Caïphe. Au moment même où il sortait de la maison d'Anne, il entendit Pierre qui . disait avec imprécation : « Je ne connais pas cet homme ! » C'était son troisième reniement. Le premier avait eu lieu dans le vestibule du palais, sur une remarque de la portière, qui l'avait reconnu. Le malheureux disciple s'était ensuite réfugié dans la cour, où les serviteurs avaient allumé un grand feu pour se chauffer. Une autre servante avait provoqué son second reniement. Son accent provincial le désigna ensuite aux railleries de l’assistance qu le traita de Galiléen; c’est alors qu’il prononça le lâche désaveu | qui contrista le cœur de son Maître. Au même mo ment, le coq chanta. Il se souvint de l'avertissement qui l'avait tant indigné, mais surtout il ne put résister au regard plein de tristesse et d'amour que Jésus arrêta sur lui. Il quitta ce lieu funeste et versa des larmes amères ‘. Un homme nouveau devait sortir de cette crise humiliante. Le sort de Judas est bien différent; torturé du souvenir de son crime, il jettes dans le temple l'affreux salaire de sa trahison, puis il met fin à sa vie maudite dans le champ d’Akkeldama?.

1 Le récit de Jean XVIII, 15-19 a seul le caractère du témoin oculaire. Les synoptiques, ne parlant pas de la comparution devant Anne, ne placent pas le reniement à son vrai moment et à sa vraie place. Les divergences de détail n’ont aucune importance. Luc parle d’un serviteur (XXII, 58), quand Matthieu et Marc parlent d’une servante. (Matth. XXVI, 71; Marc XIV, 69.)

2 D'après le récit de saint Pierre, dans les Actes, Judas: a acheté lui-même le champ où il s’est suicidé (Actes I, 18); tandis que, d’après Matthieu XXVII, 7, c’est le sanhédrin qui a fait l’acquisition du champ, après sa mort, avec l'argent de la trahison, et qui la affocté à la sépulture des étrangers,

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