‹ Jésus-ChristChapitre 350 sur 376 · EE CONDAMNATION DE JÉSUS · texte numérisé non relu

EE CONDAMNATION DE JÉSUS

cris de mort redoublés. En désespoir de cause, Pilate ditaux Juifs : « Crucifiez-le vous-mêmes, Car pour moi je ne trouve aucun crime en lui. » Le juge rentre un instant dans le prétoire; il est troublé; la vérité traverse son cœur comme un éclair; il sent que cet accusé ne ressemble à aucun de ceux qu’il a connus. On dirait qu’il entrevoit sa grandeur divine. « D'où es-tu? » lui dit-il. — Comme Jésus garde le silence, le magistrat: romain exhibe son pouvoir discrétionnaire: « Tu ne parles-pas : ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te perdre et le pouvoir de te sauver? » Il n'obtient que cette réponse, défi sublime de la force morale à la force matérielle : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, s’il ne t’avait été donné d’en haut. C'est pourquoi le plus coupable est celui qui m'a livré à toi. » Si Pilate suivait son impulsion, il relâcherait immédiatement Jésus, . mais ses velléités bienveillantes ne tiennent pas contre la pression du dehors; la conscience seule, comme un roc, résiste aux flots déchainés d'une multitude furieuse. Pilate cède surtout à cetté parole perfide des accusateurs : « Si tu laisses aller cet homme, tu n’es pas l’ami de César. Quiconque se fait roi résiste à César. » Le César d'alors était ce Tibère sous lequel, d'après Tacite, l'accusation de lèse-majesté était presque toujours mortelle‘. Pilate a ouvertement sacrifié Jésus à son intérêt, à son ambition, sachant qu'il condamnait un innocent; aussi c’est bien inutilement qu'il se

1 « Majestatis erimen omnium accusationum complementum erat, » {Tacite, Ann., UI, 38.)

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lave les mains; la tache de sang reste indélébile sur son front et sur son nom ; par sa connivence, 1l a apporté à ce crime abominable de la synagogue le concours de l'humanité païenne; il en a fait un crime vraiment humain, dans lequel toutes les portions de la race déchue se retrouvent unies par une affreuse solidarité.

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