L'ENSEVELISSEMENT
la veille d’une grande fête. Les soldats brisèrent avec une massue les jambes des deux brigands, afin de bâter leur mort. Ils voulaient infliger le même traitement à Jésus, mais ayant reconnu qu'il avait déjà rendu le dernier soupir, ils lui percèrent le côté d’un coup de lance ; un mélange d’eau et de sang’ sortit de la plaie; cephénomène s'explique par le fait qu’il venait à peine de perdre la vie'. L'évangéliste donne une grande importance à cet incident, sans doute pour établir la réalité de la nature humaine de Jésus en opposition aux gnostiques qui, ‘dans leurs vaines théories,
Jui donnaient un corps d’une substance subtile et.
idéale ?
Joseph d'Arimathée obtint de Pilate l'autorisation de déposer le corps dans son propre sépulcre, qui était creusé dans le roc tout près du Heu de lexécution. Il
4 Jean XIX, 35-37. Cette explication parait répondre le mieux aux objections faites au récit sacré, au point de vue de la physiologie, d'après laquelle rien n’est plus rare que la décomposition du sang dans un cadavre.
2 «C'est ce même Jésus quiest venu avec l’eau et avec le sang. » (LJean V, 6.) Il est diflicile d'accorder les synoptiques et Jean pour la détermination de lPheure de la crucifixion. D’après Jean, la sentence fut prononcée à la sixième heure, c’est-à-dire vers midi. Or, d'après Mare XV, 34, Jésus aurait été crucifié vers neuf heures du matin. On a supposé que Jean compte les heures d’après la méthode romaine “qui faisait commencer le jour à minuit. La sixième heure serait alors non #nidi mais six heures du matin. Mais comment placer entre le
lever du soleil et six heures tout ce qui précède la crucitixion! Nous, ; : Ï sommes très porté à admettre l'explication de Lange et de M. Godet.;
On divisait d’une manière sommaire le jour comme la nuit en quatre portions, de trois heures chacune. Les évangélistes s’en sont tenus aux divisions générales, sans s’astreindre à une exactitude minutieuse que ne comportait pas l'émotion de ce jour. Ajoutons que, pour Matthieu et Marc, la flagellation est le commencement du supplice. (Voir Godet, IT, 606-607.)
l'enveloppa d’un linceul et le couvrit de substances aromatiques,suivantla coutume juive". Nicodème, oubliant sa prudence dans la triste solennité du jour, se joignit courageusement à lui *. Puis une grosse pierre fut roulée à l'entrée de la grotte funéraire. Marie Madelaine ef! Marie, femme de Cléopas, s’assirent en pleurant devant le sépulcre quirenfermait la dépouille sacrée du Maître * Les autres femmes qui l'avaient suivi en Galilée $e hâtèrent d'acheter des parfums avant le commencement du sabbat, afin de pouvoir le surlendemain lui rendre dès le matin les derniers honneurs.
Bientôt, sur la demande des membres du sanhédrin, qui craignaient l'enlèvement du cadavre, quelques soldats furent placés dans le jardin de Joseph d'Arimathée pour faire une garde vigilante*.