‹ Jésus-ChristChapitre 370 sur 376 · ST · texte numérisé non relu

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et quelles sont devenues des expériences intimes. Paul

eût démenti sa propre notion de la foi s’il n’eût pas

mentionné ce fait tout moral et intérieur qui, bien loin

d'exelure le fait extérieur et historique, l’implique comme Ja vue implique l’objet à percevoir, N'oublions pas que, dans le chapitre de l’épître aux Corinthiens où Paul déclare qu’il a vu le Christ ressuscité, il s'agit de la résurrection corporelle des croyants. Son argumentation croulerait par la base s’il parlait d'une sim=

ple vision et non d’une manifestation réelle de Jésus.

Le témoignage de l’apôtre des Gentils, au lieu d'in-

firmer celui des autres disciples, le confirme, et l'objection se transforme en preuve. C'est ainsi que la résurrection du Christ. « au troisième jour » est garantie par une tradition plus ancienne que celle de nos trois premiers évang'iles. Celle-ci n'est pas seulement consignée dans des textes, mais s’est comme incorporée dans le culte même de l’Eglise, témoin la désignation du premier jour de la semaine comme jour

du Seigneur:

L'hypothèse des visions se heurte contre les données

les plus élémentaires de la psychologie. Comment admettre la répétition d'une même hallucination dans tant d'esprits divers? Pour qu'un tel fait se produisit chez un apôtre où même chez une femme, il aurait fallu une atmosphère embrasée d'enthousiasme, l'attente fiévreuse de quelque événement pareil. Or, il est incontestable, d’après tous nos documents, que l'abattement était profond et universel dans la jeune Eglise. C’est bien dans cette chambre haute, fermée par la peur, où l’on n'entend que des gémissements, où tout parle de désespoir, c'est bien là que va éclore spontanément cette assurance inouïe du plus grand des miracles! Comment ceux qui ont eu tant de peine à croire à l'événement auraient-ils pu l’inventer?

Et pourtant ils y ont cru, et cette foi à la résurrec=

tion a été leur levier pour soulever le monde. Que s'est-il

donc passé entre ces deux périodes? Le Christ est ressuseité, répond l'Eglise, et, à moins de renoncer au principe de causalité, nous pensons qu’il faut conclure comme elle, car elle ne nous montre pas seulement à l'appui de ce fait les disciples de Jérusalem relevés, affermis, transformés et scellant de leur sang leur croyance à cet événement, elle nous montre encore le judaïsme et le paganisme vaincus, un monde qui s'écroule, un monde qui s'élève; elle nous montre toutes les générations chrétiennes venant tour à tour puiser leur force et leur consolation dans ce fait éterhel. Non, ce n'est pas plus sur un rêve que sur un

mensonge que s'est fondée l’'Eghise chrétienne, aussi jeune, aussi vivante aujourd’hui qu’il y à dix-huit siècles! Aussi, soit que nous considérions les circonstances qui ont précédé ce jour, soit que nous tenions compte des grands événements qui l’ont suivi, il ne nous est pas possible de placer autre chose que le fait même de la résurrection entre la détresse stérile de la veille et l'héroïsme du lendemain avec tout ce qui en est résulté pour l'humanité.

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