IMPORTANCE CROISSANTE DU RABBIN
école de rabbins et que Dieu lui-même lui apparaît avec ses propres insignes ‘. L'autorité du docteur ne connaît plus de mesure, ses disciples sont à ses pieds; il réclame d'eux une soumission aveugle et absolue. « Prends ton maître pour guide, disait Gamaliel, afin de ne pas tomber dans le doute. Celui qui oublie un seul point de doctrine est censé courir à sa perte?. » Bientôt on n'hésita plus à mettre la tradition au-dessus de l'Ecriture. Le rabbin déclare qu'il y a péril à lire librement les livres sacrés, parce que le disciple peut être entraîné à leur donner plus de confiance qu'aux paroles de son maître. On doit lire le Talmud deux fois plus que la Bible. Honorer son maître est la même chose qu'honorer Dieu *.
Pour accroître leur crédit, les rabbins donnaient leur enseignement gratuitement; voilà pourquoi chacun d'eux était tenu d'apprendre un métier : « Toute étude de la loi, dit le Talmud, non accompagnée de l'exercice d’une profession, est vaine et conduit à la dissipation. » Ce désintéressement était souvent plus apparent que réel, car les docteurs illustres trouvaient de nombreux dédommag'ements dans les grosses sommes d'argent qui leur étaient volontairement accordées ou dans la faveur des familles riches avec lesquelles ils contractaient de fréquentes unions.
Leur premier soin était d'organiser les écoles. Cha-
1 Gfrœrer,.I, p. 278.
2 Pirke Aboth, p. 489-501.
3 Gfrœrer, I, 150, 151.