LA DOCTRINE DES RABBINS
et de veiller au strict maintien de la tradition, étaient encore chargés de l’instruction du peuple; ils avaient multiplié les écoles sur toute la surface du pays; ils vouaient à l’opprobre ceux qui ne les fréquentaient pas et les comparaient aux animaux destitués d'intelligence ‘. Nulle autorité morale ne pouvait donc être comparée à celle des docteurs de la loi au temps de Jésus. Elle était d'autant plus grande qu’elle n’était pas inféodée à une caste comme celle des prêtres : tout Juif pou vait aspirer à cette charge, ou plutôt à cette royauté de la science divine. Le scribe tenait les esprits captifs dans les liens d'un enseignement tout mécanique; il imposait ce qu'il avait lui-même reçu passivement, et se faisait le premier esclave de la doctrine de mort dont il était l'organe. Ce n’est certes pas à une telle école que se formera le maître doux et débonnaire qui apportera au monde une vérité assez limpide pour que les simples.et les enfants la comprennent.
Di nous passons de l’organisation des écoles au fond même de l'enseignement, l'opposition entre la religion nouvelle et la tradition pharisaïque nous apparaîtra avec un caractère non moins tranché. S'agit-il de la vocation et de l'avenir du peuple élu, au lieu d'admettre un élargissement de l’alliance divine qui la rende capable d’embrasser toute l'humanité, la synagogue néglige les oracles les plus clairs de la grande prophétie hébraïque, et relève sans mesure les priviléges natio-
1 Gfrœrer, I, 190.
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