IDÉES SUPERSTITIEUSES SUR LES DÉMONS
de vue, on ne saurait sérieusement établir de parallèle entre la doctrine du Christ et celle des rabbins. D’ailleurs, la croix du Calvaire se dresse entre les deux tendances. Il y a du sang entre les deux religions; tout essai de les fondre en une seule est condamné d'avance.
On sait quel développement avait pris la doctrine des bons et des mauvais anges dans la théologie juive depuis l'exil. Elle se rattachait à quelques-unes des portions les plus anciennes de lEcriture sainte, comme, par exemple, le récit de la chute dans la Genèse; c'était donc bien un rameau de l’arbre des révélations hébraïques, seulement sa croissance était : devenue maladive sous les influences étrangères. Le livre d'Enoch nous en a fourni d’abondantes preuves. On se perdait dans des classifications minutieuses surchargées des plus ridicules inventions. Chaque élément, chaque portion de la terre, chaque peuple avait son ange préposé, le livre de Tobie donne à chaque [sraélite pieux son ange g'ardien. Quant aux mauvais anges, on voit en eux les esprits des géants issus de l'allance adultère entre les fils de Dieu et les filles des hommes; ils errent au travers du monde sans trouver le repos. D’après d’autres traditions rabbiniques plus * conformes au récit de la Genèse, les démons sont assimilés aux anges déchus qui ont contribué à la perte de l'homme. Préoccupés et épouvantés du pouvoir mystérieux des mauvais esprits, les Juifs avaient multiplié les formules d'exorcisme et de conjuration. Ils accordaient
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