‹ Jésus-ChristChapitre 68 sur 376 · LE TÉMOIGNAGE, DE JOSÈPHE · texte numérisé non relu

LE TÉMOIGNAGE, DE JOSÈPHE

dans la, capitale du monde et excité le courroux de Néron. | | Nous arrivons au même résultat si nous consultons les témoignages juifs. Personne aujourd'hui ne soutient plus l’inauthenticité complète du chapitre que Josèphe consacre à J ésus dans ses Antiquités. Si ce curieux passage à subi des retouches évidentes, il subsiste dans ses traits essentiels que nous reproduisons : « Dans.ces temps apparut Jésus, homme sage, auteur d'actes extraordinaires, ayant pour disciples ceux qui se plaisent à la vérité; il rallia autour de lui beaucoup de Juifs et de Grecs. Ils ne renièrent pas l'amour qu'ils lui avaient voué, après que Pilate l’eutcondamné à la croix sur la demande des principaux de la nation. La masse des chrétiens, qui se sont appelés de son nom lui est demeurée fidèle jusqu’à aujourd'hui. » Ce témoisnage d'un écrivain du premier siècle de notre ère, étranger et.indifférent autant que possible au mouvement chrétien, a une haute portée. Josèphe garantit le caractère historique des grands événements qui se sont accomplis à Jérusalem, bien qu'il en méconnaisse le sens intime et divin. n’y a pas jusqu'au Talmud qui

1 Hy yap mapaddEuwy Éoyuy notqrhc. (Antig., XVIII, 3, 3.) — M. Renan admet l'authenticité de ce morceau. Si on en enlève les traits positivement chrétiens, comme nous l'avons fait, il cadre parfaitement avec le point de vue de l'historien juif. Celui-ci prend une position prudente vis-à-vis du christianisme; il constate les faits, tout en reconnaissant que Jésus-Christ a été rejeté par l'élite de la nation. Le passage où il parle de la mort de Jacques, frère. du Seigneur, n’a pas été contesté, et il se réfère évidemment à- celui ue nous avons cité. (Antiquités, XIX, 9, 1)

De LE TÉMOIGNAGE DU TALMUD.

ne confirme à sa manière l'histoire évangélique en rappelant le nom de trois apôtres, de ceux précisément qui de la façon la plus naturelle ont pu entretenir des rapports avec la synagogue", et en diffamant le pouvoir miraculeux de Jésus-Christ comme ses contemporains l'avaient fait?. On croit entendre de nouveau ces pharisiens qui, ne pouvant contester ses œuvres surnaturelles, les attribuaient aux démons. Jésus-Christ a fait des miracles et a été mortellement haï par les représentants de la hiérarchie judaïque; voilà ce qu'atteste le Talmud. Le témoignage des indifférents et des ennemis s'élève ainsi en faveur de la réalité historique du christianisme primitif. Ce double témoignage nous apprend que, au seuil de l’ère moderne, le judaïsme et le paganisme ont été profondément troublés par un homme venu de Galilée qui a accompli des actes merveilleux et quia fini misérablement sur une croix sa vie étrange. Ce supplicié n’en règne pas moins sur sa secte qui grandit et qui a l'honneur redoutable d’unir contre elle dans une haine commune la synagogue et les autorités païennes. Nos témoins hostiles ou dédaigneux ne parlent pas seulement de l’avénement d'une idée

1 Matthieu, Thaddée et Jacques sont mentionnês dans le Talmud de Babylone. (Traité du Sanhédrin, f. 43, 1.)

2 Quand le rabbin Eliéser, le fils de Dama, fut mordu par un serpent, Jacob, le fils de Sechania, vint vers lui et lui parla en ces termes : «Je veux te parler au nom de Jésus, le fils de Pandera, » Alors le rabbin Ismaël s’écria : « Non, cela n’est pas permis.—Il vaudrait mieux mourir, dit un autre, que d'entendre ce nom. » (Talmud de Jérusalem. Traité Advoda Sarah, f. 46, 4. — Tholuck, Glaubwürdigheit der Evang. Geschichte, p.723

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