LE TÉMOIGNAGE DE L'ÉGLISE
nouvelle; non, ce qui agite le monde, c'est plus qu’une idée, c’est plus qu'une doctrine, c'est une personne; son nom est devenu un drapeau, un symbole, plus encore, une puissance morale. Quel est donc ce Jésus, ce Christus, qui est à la fois adoré et maudit?
Ecoutons maintenant le témoignage de ses amis. Les historiens païens nous ont révélé l'existence dès la fin du premier siècle d’une société religieuse nouvelle et puissante qui se rattache à Jésus. Cette société relisieuse nous la connaissons par le témoignage de ses représentants authentiques; elle a exprimé ses croyances et ses sentiments dans d’irrécusables documents. Qu’y retrouve-t-on sans cesse, sinon le souvenir du Christ des évangiles conservé non-seulement dans des récits tout pénétrés d'un saint amour, mais encore dans la vie même de tous les chrétiens? Leur âme se nourrit des grands faits de l’histoire évangélique; bien plus, ils meurent pour l’attester, et les survivants en retracent les traits les plus pathétiques jusque dans les sombres caveaux où ils ont enfermé les dépouilles de leurs martyrs; cette histoire est l’objet constant de leur enseignement et de leurs hymnes. Elle est surtout inscrite au plus profond de leur cœur. « Je n’ai pour saintes annales, s'écrie un chrétien inconnu, que Jésus-Christ, sa croix, sa mort et sa résurrection ‘. » Cette parole est la devise même de l'Eglise du second siècle, qui se lève, tout en-
1 Eyuot DE dpyaïd Ecru Inooüs Xotatés. (Ignat., Ad Philadelph., c. VIII.) Ce passage se lit dans la partie apocryphe des lettres d'Ignace, mais il n’en a pas moins un cachet de haute antiquité.
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