TÉMOIGNAGE DES HÉRÉTIQUES
ont été mis en circulation. Mais il faut remarquer d’abord qu'ils ont été promptement distingués des évang'iles canoniques et que dès l’époque d'Irénée ils furent unanimement écartés dans l'Eglise, bien qu'un certain nombre des fables qu'ils contenaient se soient mêlées au courant assez confus de la tradition orale. Il suffit de les parcourir pour reconnaître qu’ils portent les traces de la légende, qu’ils ont partout substitué le merveilleux fantastique au miraculeux proprement dit, et qu'ils ont recouvert de leur végétation luxuriante les lacunes de l’histoire évangélique, mais sans jamais entamer le fond même du récit'. Bien plus, ils le supposent et le confirment à leur manière, car dans une multitude de cas on voit la légende se greffer sur l’histoire comme un rameau parasite sur un tronc vigoureux. Les plus anciens de ces évangiles apocryphes sont le protévangile de Jacques, déjà mentionné par Justin Martyr, et les Actes de Pilate qui remontent à la même date. On y reconnaît de suite des illustrations légendaires de nos livres sacrés; ils démontrent ainsi d’une manière irréfragable leur antériorité ?. Quant à l’évangile de Marcion, on n'y peut
14, citant Matth. XX VII, 52; Homélie XIX, 2, citant Matth. XII, 26; 2° pour Marc, Homélie XIX, 2, citant Marc II, 13, etc., etc.; 3° pour Luc, Homélie XIX, 14, citant Luc VIII, 24, etc.; 4 pour Jean, Hosmélie XIX, 22, citant Jean IX, 2, 8. Cette dernière citation fait partie du texte retrouvé par Dressel.
1 Les évangiles apocryphes fourmillent de grossières erreurs historiques. Dans les Protevang. Jacobi, il est parlé des douze tribus d'Israel comme existant au temps d'Hérode, c. VI.
2 Voir les Evangelia apocrypha, publiés par Tischendorf, Leip-