DES APOTRES GARDIENS DE LA TRADITION PRIMITIVE
les attacher à sa personne’ et de les instruire luimême. | | Quand il s’agit de remplacer Judas, la condition essentielle réclamée du futur apôtre est « d’avoir été avec les onze pendant tout le temps que le Seigneur Jésus à vécu, depuis le baptème de Jean jusqu'à ce qu'il fût enlevé d'avec eux, afin qu'il puisse être un témoin de sa résurrection ‘.» Ainsi, dans l'Eglise primitive, le témoignage qui sert de règle et de contrôle est le témoignage apostolique. C'est cette qualité de témoin immédiat et reconnu du Christ qui est le caractère distinctif de l’apostolat. Il s’en suit que la prédication apostolique à été le noyau même de la tradition évangélique. Or nous voyons dès le début cette tradition prendre une forme arrêtée. Les discours de saint Pierre, dans les Actes des apôtres exposent les grands faits de la vie de Jésus avec une mâle simplicité qui les grave facilement dans la mémoire. Celui qu'il prononça dans la maison du centenier Corneille, et dont nous n'avons qu'un résumé, présente une sorte d’évang'ile en raccourci qui rappelle le récit de saint Marc. Nous n'avons dans les Actes que ses discours apologétiques, ceux par conséquent où ils’en tenait aux faits les plus généraux; l’enseignement et le témoignage apostoliques devaient être infiniment plus riches en détails dans le cercle intime de l'Eglise. Les actes les plusordinaires de la viereligieuse évoquaient des faits précis ; il suffisait aux premiers chrétiens de rompre le
1 Actes I, 22.