APPARITION DE NOS ÉVANGILES
pouvait seule se passer d’évang'iles écrits, parce qu'elle avait l'équivalent de ces récits dans le témoignage des apôtres et de leurs disciples. Persuadé comme nous le sommes que Dieu veille sur son Eglise, et que sa providence, qui se mêle des plus petits intérêts de la vie humaine, a pris soin que l’immortel souvenir du Rédempteur se conservât dans sa pureté, nous croyons fermement à son intervention dans la formation de nos évang'iles, qui sont les évang'iles définitifs. Il y a ici plus qu'un raisonnement à priori; nous sommes en présence d’un fait positif, nous possédons des récits liés et complets; ils ont remplacé et fait disparaître les relations multiples qui les ont précédés, comme l'édifice fait disparaître léchafandage qui a servi à sa construction. Quand bien même ils se sont produits dans l'Eglise primitive d’une manière toute naturelle, sans rien qui ressemble à une proclamation officielle, comme aux temps de la révélation mosaïque, ils n’en ont pas moins démontré leur supériorité avec tant d'éclat, que la conscience chrétienne y a reconnu le sceau du divin et ÿ a discerné à Sa plus haute puissance ce souffle de l'inspiration qui était l'atmosphère der Eglise apostolique. Si nous cherchons ce qui leur a imprimé ce caractère unique et souverain, nous reconnaîtrons qu ‘il vient précisément de ce qui les distingue des petits écrits dont parlait saint Luc. Ce ne sont plus de simples relations fragmentairés; la gerbe des traditions primitives a - trouvé son lien vivant, qui l'empêchera de retomber