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LES ÉVANGILES CANONIQUES

à terre et de disperser ses précieux épis. Chacun

une idée suffisante de l'incomparable personnalité qui

de ces écrits a une empreinte individuelle et répond à l’une des phases et à l’une des faces du siècle apostolique; ce n’est qu'à ce prix qu'ils nous donnent

résume en elle tous les contrastes. Nous voilà donc bien loin de ce livre du pauvre homme « qui, n’ayant qu'un livre, y ajoute tout ce qui lui tombe sous la main ‘. » Non, la plus belle chose du monde ne s'est pas formée comme les légendes les plus absurdes. L'histoire impartialement consultée nous fournit d'autres données.

Nos évangiles canoniques ne remontent pas à une date antérieure à l’an 60. Jusqu'à cette époque, l'Eglise de Jérusalem est demeurée le centre et la métropole des chrétiens. La tradition évangélique sy est conservée d’une manière toute naturelle par le concours des hommes apostoliques. Quand ce faisceau commence à se rompre, on ne peut plus se contenter de relations fragmentaires qui ne conservent qu'imparfaite-

ment cette grande prédication des premiers temps. Il

ny à rien là d’'officiel; c’est le cours des choses, cest la conséquence d'un changement de situation. On se fait l'idée la plus fausse de l’antiquité chrétienne quand on s'imagine que nos évangiles canoniques ont été composés, puis produits avec éclat comme des écritures théopneustiques. Il n’y avait pas d’arche

1 M. Renan, Introduction à la Vie de Jésus, p. xxi1.

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