‹ Jésus-ChristChapitre 97 sur 376 · L'ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. RIT · texte numérisé non relu

L'ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. RIT

n'y à aucune raison valable pour récuser cette assertion qui est confirmée par saint Jérôme, Origène

et Irénée, pourvu qu’on le prenne dans un sens large. Matthieu est ce péager de Capernaüm nommé Lévi qui reçut l'appel décisif au bureau même des péages *, et qui prit rang parmi les douze *. Sa vocation première supposait une certaine culture qui le rendait capable de raconter les faits dont il serait le témoin. Il appartenait à cette classe méprisée que le parti pharisaïque accablait de tels dédains que la société d'un publicain était à elle seule un sujet d’opprobre “ Cœur religieux et droit, attaché à la religion de ses pères, le péager Lévi avait sans doute cruellement souffert de cette espèce de proscription morale; il était aïnsi préparé à saisir vivement le contraste entre le judaïsme implacable des pharisiens et la religion de charité qui était l’accormplissement du judaïsme véritable. Le regard de saint amour qui pénétra ce noble cœur froissé l'attacha à jamais à la personne de Jésus. Matthieu, d’après le témoignage d'Eusèbeÿ, paraît être resté à Jé-

1 S, Jérôme, Comment. in Matth. Prœfat. Origène dans Eusèbe VI, 25. Irénée, Hœres., II, 1.

2 Luc V, 27. Marc IL, 15.

8 Matth. X, 8. Marc III, 16. Luc XI, 15. Le premier évangile (X, 3) appelle Matthieu 6 re GR. et raconte (IX, 7) la vocation … de ce péager et le repas qu’il donna à Jésus dans sa maison. Dans Luc V, 27, et Marc II, 13, le festin donné par le péager Lévi est

dans le même encadrement historique. Evidemment il s’agit du

même homme.

* Luc XV, 1.

5 Eusèbe, A. E., V, 10.

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rusalem plus tard que les autres apôtres. Il était ainsi appelé tout naturellement à résumer leur prédication commune dans la capitale de la théocratie. Nous n avons que de vagues renseignements sur $a mission en Arabie et sur la fin de sa vie.

Revenons au premier évang'ile et aux rares informations qui nous sont données par l'antiquité chrétienne sur sa composition. Nous devons nous arrêter au fameux texte de Papias devenu l'objet de tant de controverses. Papias déclare avoir appris de Jean le presbytre, contemporain des apôtres, que Matthieu avait recueilli en hébreu les oracles évangéliques et que chacun les interprétait comme il pouvait !. Il s'agit de savoir si cette désignation, que nous n'avons aucun motif sérieux de contester, s'applique à notre premier Évangile. Tout d’abord il est incontestable que, non seulement les discours y occupent une place très grande, mais encore qu’ils en forment le vrai noyau, si bien que les récits sont toujours mis dans la dépendance des discours. Par là, le premier Évanile répond à l’idée que Papias nous a donnée du recueil mentionné par lui. D'un autre côté, tout en reconnaissant l'impossibilité de séparer tout à fait les paroles des faits?, nous devons constater que l’élément du récit est trop abondant dans notre premier Évangile

! Marbatos pèv oùv £6pxidt ia k£uTu Ta Ad VIA uvEypébate, Mouéviuse d'adrd &s hébvaro Enaotos. (Eusèbe, A. E., IIT, 39.)

? Papias lui-même avait inséré dans ses AVOIÈR RoYyta le récit d: la femme adultère (Eusèbe III, 39).

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